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Enseignement supérieur : la Guinée lance deux mégaprojets pour aligner formation et emploi

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a procédé, ce lundi à Conakry, au lancement officiel des mégaprojets MPS30 et MPS32, inscrits dans le cadre du programme Simandou 2040. Une initiative ambitieuse visant à réformer en profondeur le système universitaire guinéen et à l’adapter aux besoins du marché du travail.

L’atelier a réuni plusieurs acteurs clés du secteur, notamment des responsables d’institutions d’enseignement supérieur publiques et privées, ainsi que des cadres du ministère, autour d’un objectif commun : repenser la formation universitaire en lien direct avec les réalités économiques du pays.

Une réforme bâtie sur des acquis

Dans son discours de bienvenue, le Directeur général de l’enseignement supérieur, Dr Sivory Doumbouya, a salué une étape importante dans la transformation du secteur. Il a rappelé les efforts engagés depuis 2022, notamment « 141 programmes types co-construits par plus de 90 enseignants-chercheurs nationaux appuyés par 103 experts étrangers » ainsi que « 60 programmes de master élaborés ».

Selon lui, ces acquis constituent désormais « le socle sur lequel s’érigent les projets MPS 30 et MPS 32 ». « Nous ne repartons pas de zéro. Nous capitalisons, nous amplifions, nous institutionnalisons », a-t-il affirmé, tout en exprimant sa confiance dans la capacité du système universitaire à relever « ce défi historique ».

Le capital humain au cœur de la vision Simandou

Prenant la parole à son tour, le délégué général de l’unité d’exécution du programme Simandou 2040, Mamadou Angelo Diallo, a inscrit ces projets dans une dynamique globale de transformation nationale impulsée par le Président de la République, Mamadi Doumbouya. « Le Programme Simandou 2040 n’est pas une simple promesse industrielle ; c’est le contrat social d’une Guinée nouvelle », a-t-il déclaré, soulignant que ce projet repose sur « l’adéquation absolue entre notre capital humain et nos ambitions économiques ».

Il a insisté sur la nécessité de former des profils adaptés aux réalités du pays : « Nous ne voulons plus seulement des diplômés ; nous voulons des bâtisseurs d’économies ». Avant de lancer un appel à la mobilisation générale : « Le train de Simandou 2040 est en marche, et c’est dans vos amphithéâtres que se construit son moteur humain ».

MPS30 et MPS32 : deux leviers complémentaires

Dans son discours d’ouverture, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dre Diaka Sidibé, a qualifié cette initiative de « réforme sans précédent dans le système d’enseignement supérieur de l’État ».

Elle a précisé la portée des deux projets :

MPS-32, « Projet de Révision des contenus pédagogiques afin de les aligner avec les besoins identifiés du marché du travail » ;

MPS-30, « Projet de Cartographie des compétences et besoins métiers sur le marché du travail et intégrer ces données à un système d’information dynamique ».

Reconnaissant les défis persistants, la ministre a révélé que « nos 48 institutions d’enseignement supérieur produisent plus de 15 000 diplômés par an », mais que « 12 mois après la fin des études, il n’y a que 30,96 % qui en ont un emploi ». Une situation qu’elle juge « inacceptable ».

Une transformation en profondeur du système universitaire

La réforme prévoit notamment la refonte des programmes, leur alignement sur les standards internationaux, la création de nouveaux diplômes, ainsi que l’intégration des métiers d’avenir. « Il faut qu’on repense notre système en intégrant […] de nouveaux métiers qui forment, qui emploient, et qui payent bien », a-t-elle insisté, citant notamment le numérique, l’intelligence artificielle, l’énergie ou encore les mines.

Par ailleurs, un Observatoire national de l’insertion des diplômés sera mis en place afin de suivre l’évolution professionnelle des étudiants et ajuster les politiques de formation. « Pour la première fois, notre pays disposera d’un mécanisme institutionnel pérenne pour suivre à 18 mois le devenir professionnel de nos diplômés », a-t-elle annoncé.

Un appel à la mobilisation collective

La réussite de ces projets repose sur une mobilisation de tous les acteurs. La ministre a ainsi appelé les universités, le secteur privé, les partenaires techniques et les enseignants-chercheurs à s’impliquer pleinement : « nous n’avons pas le droit de rater ce rendez-vous », a-t-elle martelé, rappelant que « la Guinée de demain se construit aujourd’hui ».

Clôturant son allocution, elle a déclaré : « C’est avec cette conviction […] que je déclare officiellement ouvert les travaux de l’atelier de lancement conjoint des mégaprojets Simandou MPS30 et MPS32 ».

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com