Le tribunal de première instance de Dixinn a condamné Moussa Oularé à un an de prison et au paiement d’une amende 10 millions de francs guinéens. Il a été reconnu coupable d’incitation à la haine et d’injures.
À la barre, Moussa Oularé a reconnu les faits et a présenté ses excuses. Il a expliqué les circonstances dans lesquelles il a tenu ces propos :
“Je voulais simplement guider un étranger qui ne connaît pas la Guinée. J’ai grandi en forêt, plus précisément à N’Zérékoré, donc je ne peux en aucun cas dénigrer mes parents forestiers”, a-t-il expliqué avant préciser qu’il a tenu ces propos sous l’effet de la colère, “sinon, en temps normal, je ne peux pas le faire, (…). Je lui ai fait du bien, il m’a récompensé par le mal. Sinon, la vidéo n’était pas en live, il a coupé certaines parties pour publier ce qu’il voulait. Je demande pardon à la communauté forestière”.
Dans ses réquisitions, le procureur de la République près le tribunal de Dixinn, Aboubacar Sidiki Camara, s’est montré sévère : “Nous, monsieur le président, avons la conviction qu’il a tenu ces propos en pleine connaissance de cause pour blesser, (…). Ce n’est pas seulement pour une indication. Tout un peuple se trouve indigné à travers les propos de monsieur Oularé, (…). Le ministère public requiert 5 ans d’emprisonnement et le paiement d’une amende de 10 millions de francs guinéens”, a-t-il requis.
De son côté, l’avocat de la défense a plaidé des circonstances atténuantes : “Alors, si l’on doit condamner quelqu’un qui tient des propos de manière sereine et une autre personne qui s’exprime sous l’effet de la colère… celui qui a parlé sous la colère n’est pas forcément quelqu’un qui veut diviser les ethnies. Franchement, je crois que son pardon est recevable”, a déclaré Me Kemoko Malick Diakité dans ses plaidoiries.
Dans son dernier mot, Moussa Oularé a renouvelé ses excuses : “Moi, je ne peux pas être la cause de notre discorde. Mes frères, mes sœurs, si j’ai eu à vous blesser, je vous demande pardon. L’erreur est grave, la faute est grave. Mais essayez de trouver une place dans votre cœur. Pensez si c’était votre fils, votre frère, votre sœur (…) Ma famille en souffre. Ma maman se trouve en forêt, mon papa aussi. Imaginez ce que mes propos ont causé. Je les ai déshonorés”, a-t-il prononcé comme dernier mot.
À l’issue du procès, il a été condamné à un an d’emprisonnement et à une amende de 10 millions de francs guinéens.
Bhoye Barry pour guinee7.com
