À quelques joursdes élections législatives et communales, la Direction générale des élections (DGE) poursuit ses concertations avec les acteurs engagés dans le processus électoral. Ce jeudi, l’institution a réuni à Conakry les différents candidats à l’élection du président de l’Assemblée nationale afin de leur transmettre les données liées au découpage électoral et à l’implantation des bureaux de vote.
La rencontre, organisée au siège de la DGE à la Camayenne, a permis aux responsables des listes en lice de recevoir des clés numériques contenant les informations nécessaires à l’organisation de leur dispositif sur le terrain. Pour les autorités électorales, cette démarche s’inscrit dans une logique d’ouverture et de transparence.
S’exprimant devant les participants, Georges Abraham Sory, directeur général adjoint de la DGE, a expliqué que cette opération doit faciliter la préparation des candidats en vue du scrutin. «Nous avons rencontré les 26 candidats à l’élection du président de l’Assemblée nationale pour faire la représentation proportionnelle, à l’effet de remettre les clés contenant le découpage électoral, comme il est de bonne pratique dans le monde entier, afin qu’ils sachent quels sont les bureaux de vote dans lesquels ils vont compéter dans un premier temps », a-t-il déclaré.
Selon le responsable électoral, les fichiers transmis permettront également aux partis, mouvements politiques et candidats indépendants d’identifier les zones où ils devront déployer leurs représentants et mandataires.
«Cette opération se tient aujourd’hui en centrale à Conakry pour la liste nationale, mais elle se tient aussi au niveau des 50 circonscriptions uninominales et plurinominales. Chaque liste de candidature, qu’elle soit indépendante, celle d’un parti politique ou d’un mouvement politique, reçoit le découpage de la circonscription dans laquelle elle est en train de compétir», a précisé Georges Abraham Sory.
La DGE affirme vouloir instaurer un climat de confiance entre les différentes parties prenantes du processus électoral. Pour Georges Abraham Sory, la communication autour des données électorales participe à la crédibilité des futures consultations. «C’est une mesure de transparence et d’inclusivité pour montrer à nos partenaires que nous n’avons rien à cacher et surtout que le scrutin soit transparent, apaisé et inclusif du mieux possible. Je crois que la plupart des craintes des candidats et des listes ont été levées », a-t-il affirmé.
Le directeur général adjoint a également rassuré les participants quant à la prise en compte des préoccupations soulevées pendant les échanges. «Les doléances posées lors de cette rencontre, nous allons les étudier, réfléchir avec les autres entités pour voir ce qu’on peut mettre en place afin de dissiper toutes les inquiétudes qu’ils pourraient avoir », a-t-il ajouté.
Au cours de la rencontre, la question de la présence des représentants des partis dans les bureaux de vote a aussi été évoquée. La DGE dit vouloir éviter les irrégularités et les confusions de rôles le jour du scrutin. « La principale amélioration, cette fois-ci, c’est que nous allons procéder à des croisements pour éviter des doublons au niveau des délégués, mais aussi faire en sorte que les délégués des candidats ne se fassent pas passer à la fois pour délégués et membres de bureau de vote », a-t-il expliqué.
Parmi les acteurs politiques présents, Abdoulaye Kourouma, président du RRD (Assemblée pour la Renaissance et le Droit), a salué l’initiative de la DGE, estimant qu’elle permettra aux formations politiques de mieux organiser leur présence dans les centres de vote. «On est venu récupérer la clé qui contient nos deux découpages électoraux, la clé qui va nous permettre de fournir la liste de nos représentants dans les différents bureaux de vote..La modernisation n’est pas une course de vitesse, c’est une course de fond. Ce sont des difficultés que nous rencontrons souvent pendant les échéances électorales et on essaie de trouver des solutions ensemble ».
Le leader politique a toutefois reconnu que l’organisation simultanée de plusieurs scrutins représentera un défi important pour les acteurs électoraux. «C’est notre première fois d’avoir le double scrutin. On va avoir trois bulletins dans chaque bureau de vote : le communal, les législatives plurinominales et uninominales, ainsi que la liste nationale. Donc ça sera un peu difficile, mais on s’adapte quand même..C’est un problème d’éthique et de morale. Il faut veiller à ce que celui qui vient au nom d’un parti soit traité uniquement comme représentant de ce parti et ne joue pas un double ou un triple rôle à la fois », a-t-il martelé.
Pour Abdoulaye Kourouma, les données remises par la DGE constituent également un outil stratégique permettant aux partis d’affiner leur implantation électorale. «C’est une clé qui nous permet d’établir nos positions stratégiques. Connaître le nombre d’électeurs dans chaque bureau de vote, c’est à nous d’adapter notre stratégie. C’est un outil qui permet au parti de mieux se préparer », a conclu Abdoulaye Kourouma.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
