La lourde défaite du Syli national féminin des moins de 17 ans face au Nigeria continue de susciter de nombreuses réactions. Le sujet était au cœur des débats dans l’émission Passion Sport sur Guinee7.com. Invité du jour, le journaliste de la RTG, Abdoulaye Diallo, n’a pas mâché ses mots pour expliquer ce revers qui compromet sérieusement les chances de qualification de la Guinée à la Coupe du monde féminine U17 de la FIFA 2026.
Pour lui, cette contre-performance est avant tout le reflet des difficultés structurelles qui minent le football féminin guinéen depuis plusieurs années.« Le match contre le Nigeria c’était assez fort. On voit comment ça se passe ici dans le football féminin guinéen. Je dirai même que c’est un abandon. Parce que rarement on voit une compétition aller au bout c’est-à-dire jouer le championnat journée après journée, la phase aller et la phase retour ainsi de suite parce par le passé si on le joue c’est comme un tournoi au bout de deux semaines c’est fini et on te dit c’est un tournoi. Et même cette année après la phase aller ça pris du temps avant le début de la phase retour… », a-t-il déclaré.
Selon notre confrère, les difficultés du football féminin ne s’expliquent pas par un manque de ressources financières. Il rappelle que la FIFA consacre d’importants investissements au développement du football des jeunes et des femmes à travers ses différents programmes. « Alors que la FIFA investi énormément dans le football des jeunes et des femmes. L’ancien président de la FIFA Sepp Blatter a déclaré une fois que « l’avenir du foot c’est le football féminin » vous voyez et la FIFA ne lésine pas sur les moyens mais en Guinée c’est autre choses… », a-t-il ajouté.
Abdoulaye Diallo a également évoqué les conditions précaires dans lesquelles évoluent plusieurs joueuses guinéennes, contraintes de quitter le pays dans l’espoir de trouver de meilleures opportunités.
« Parfois même tu as pitié des ces filles-là qui s’exile au Libéria, en Sierra et voir même le Maroc et certaines restent au Maroc sans clubs, elles abandonnent. Cela devient une débandade totale parce qu’il n’y d’organisation, ni de structuration… », a-t-il regretté.
Malgré cette galère que traversent les différentes catégories du football féminin, caractérisée notamment par l’absence parfois d’internat, des voyages tardifs et plusieurs autres difficultés organisationnelles, chaque fédération toucherait pourtant environ 2 millions de dollars par an à travers le programme FIFA Forward 3, soit près de 8 millions de dollars sur un cycle de quatre ans. Une réalité qui alimente davantage les interrogations sur la gestion et l’impact de ces ressources dans le développement du football féminin guinéen.
Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com
