Censure

Patrimoine historique : la Guinée mise sur la diplomatie pour rapatrier ses œuvres d’art

La République de Guinée envisage de rapatrier les œuvres d’art et les biens de son patrimoine historique conservés dans plusieurs musées à l’étranger. Selon le ministre de la Culture, du Tourisme et du Patrimoine historique, Moussa Moïse Sylla, cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une diplomatie culturelle fondée sur un partenariat « gagnant-gagnant » entre la Guinée et les pays concernés.

« Donner à la jeunesse la connaissance de son histoire, c’est lui offrir des racines assez solides pour porter de grandes ambitions. Un jeune qui sait d’où il vient avance dans le monde d’aujourd’hui avec une assurance que rien ne pourra lui retirer. Voilà le plus bel héritage que nous puissions léguer : non pas seulement des monuments et des archives, mais une conscience claire de ce que nous sommes », a déclaré le ministre.

La France figure parmi les pays qui conservent des œuvres appartenant à la Guinée. Dans un langage diplomatique, le ministre Moussa Moïse Sylla a remercié l’ambassadeur de France en Guinée pour les efforts déployés en faveur du renforcement de la coopération culturelle entre la République de Guinée et la République française.

« Nous nous sommes récemment rendus en mission sur le territoire français. Nous avons notamment visité le musée de l’Armée, aux Invalides. Nous avons pu presque toucher du doigt le Coran personnel de l’Almamy Samory Touré. Nous avons écouté le récit des circonstances qui ont conduit à l’arrivée de ce bien extrêmement important pour la mémoire collective de la Guinée en France. Nous avons également pu voir son armure, son chasse-mouches et bien d’autres artefacts ayant appartenu à l’armée de l’Almamy Samory Touré. Au-delà d’un chef guerrier, l’Almamy Samory Touré était, comme son titre l’indique, un chef religieux. Il était également le fondateur de l’empire du Wassoulou. C’est une figure historique dont l’influence s’étend à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest », a-t-il expliqué.

Le ministre a insisté sur la nécessité de privilégier une approche basée sur le dialogue et le respect mutuel.

« Cela a été rendu possible parce que, pour nous, la culture n’est pas un mur que l’on construit entre les nations. C’est un pont que l’on bâtit pour unir les peuples et les générations. C’est cette coopération gagnant-gagnant, fondée sur le respect réciproque, que nous développons avec l’ensemble des pays où se trouvent des biens de notre patrimoine. C’est notamment le cas avec la France. Nous souhaitons le retour de ces biens, mais dans le cadre d’une diplomatie culturelle et dans un esprit de respect mutuel. Pour nous, il ne s’agit pas d’une rupture, mais d’une démarche qui renforcera davantage les relations entre notre pays et la République française. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres », a-t-il précisé.

Poursuivant son intervention, le ministre a souligné l’importance des travaux de recherche pour identifier et documenter les biens culturels guinéens conservés à l’étranger.

« Je prends cet exemple parce que bien d’autres biens, bien d’autres œuvres appartenant à notre pays sommeillent dans plusieurs musées. Comment les connaître ? Comment savoir ce qu’ils racontent ? Comment comprendre leur ancrage au sein des communautés de notre pays ? Cela nécessite des études et des recherches », a-t-il martelé lors de la cérémonie de lancement du programme de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine culturel guinéen.

Bhoye Barry pour guinee7.com