Guinée- Les marins-pêcheurs devraient désormais percevoir davantage à la fin de chaque mois. À l’issue des échanges engagés avec les responsables du secteur, une revalorisation de 500 000 francs guinéens a été retenue, accompagnée de la remise de cinq sacs de poisson en nature.
Cette nouvelle formule change surtout la manière dont les travailleurs bénéficient de cette partie de leur rémunération. Jusqu’ici, les cinq sacs étaient convertis en argent et les marins recevaient 300 000 francs guinéens. Une formule que ces derniers considéraient comme peu avantageuse compte tenu du prix du poisson.
Boubacar Diallo, marin-pêcheur, revient sur le contenu de l’accord conclu au terme des discussions :« on a convenu que désormais qu’ils feront une augmentation de 500.000 FG et 5 sacs de poisson en nature. Ils donnaient 300.000 FG pour les 5 sacs le mois en espèce, inférieur à la valeur du poisson sur le marché ».
Le choix de recevoir directement le poisson donne désormais aux travailleurs la possibilité de le vendre eux-mêmes. Le montant qu’ils pourront en tirer dépendra donc du prix auquel ils réussiront à écouler leur marchandise. « Avec cette négociation, on s’est entendu qu’ils nous donnent les sacs et on écoulera sur le marché nous-même. Maintenant les sacs, si tu reçois en nature, tu revends pour ton compte, tu revends le sac par unité à 200.000 ou plus. Tu peux te retrouver avec 1 million ou 800.000, ça dépend », explique Boubacar Diallo.
Une trêve plutôt qu’un règlement définitif
Si cette entente permet aux marins de reprendre leur travail, elle ne met pas fin à l’ensemble de leurs demandes. Les travailleurs ont choisi de poursuivre leurs activités tout en laissant ouvertes les discussions sur les autres points de désaccord. « On a accepté ça, on a dit qu’on continue à travailler pour le moment jusqu’au mois de janvier pour revoir », fait savoir le marin-pêcheur.
Parmi les sujets qui doivent encore être examinés figurent notamment les primes et les conditions dans lesquelles les marins exercent leur activité. Pour Boubacar Diallo, le dialogue doit se poursuivre dans les prochains mois. « On va attendre jusqu’à fin décembre, on va essayer de continuer les négociations : nous demandons l’augmentation de salaire, obtention des primes des marins et le respect du temps », affirme-t-il.
Des journées de travail qui peuvent s’allonger
Le temps consacré au travail constitue justement l’un des points sur lesquels les marins souhaitent obtenir des garanties. Selon Boubacar Diallo, les horaires peuvent parfois largement dépasser la journée prévue. « Par exemple, après une longue heure de travail de 8h à 18h, nous rentrons en principe, mais des fois, ils vont nous faire travailler jusqu’à 21h, 22h. Qu’ils nous laissent plus de temps de repos », déplore-t-il.
Pour l’instant, le compromis obtenu semble avoir permis d’apaiser la situation. Mais les marins entendent profiter de la période à venir pour poursuivre les discussions et tenter d’obtenir des réponses sur leurs autres préoccupations. « Pour le moment quand même, c’est bon », résume Boubacar Diallo.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
