Comment accélérer le déploiement des infrastructures numériques et garantir un accès de qualité aux populations ? C’est autour de cette question que les régulateurs francophones se retrouvent à Conakry pour la 24e Réunion annuelle du FRATEL, placée sous le thème : « Quelles mesures pour soutenir le déploiement d’infrastructures pour le numérique ? »

À l’ouverture des travaux, les différentes interventions ont souligné la nécessité de renforcer les réseaux, de stimuler les investissements et de favoriser une connectivité accessible au plus grand nombre.
Pour la Guinée, cette réflexion s’inscrit dans les ambitions du programme de développement socio-économique Simandou 2040.

Au nom du ministre directeur de cabinet de la présidence, également président du Conseil national de régulation des postes et télécommunications, Aguibou Barry, a insisté sur la place des infrastructures numériques dans cette stratégie.
« Simandou ne doit pas être regardé uniquement comme un projet minier ou comme un projet d’infrastructures physiques. Il constitue un catalyseur pour une transformation plus large de notre économie et de nos territoires », a-t-il déclaré.
Le développement des corridors économiques implique en effet des besoins accrus en fibre optique, en capacités réseau et en services numériques. L’éducation, la santé, l’industrie, la finance et le commerce figurent également parmi les secteurs concernés par cette transformation.
Investissement, innovation et régulation

Mamady Doumbouya, directeur général de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT), a rappelé que la transformation numérique repose avant tout sur la disponibilité d’infrastructures performantes et sécurisées.
« Il ne peut y avoir de transformation numérique durable sans infrastructures robustes », a-t-il souligné.
Au-delà du déploiement des réseaux, le responsable a mis l’accent sur le rôle de la régulation dans la création d’un environnement favorable à l’investissement, au partage des infrastructures et à une concurrence saine.
L’enjeu est notamment de réduire les coûts de déploiement tout en permettant aux entreprises, aux entrepreneurs et aux administrations de tirer pleinement parti des nouvelles technologies.
Aguibou Barry, représentant le ministre directeur de cabinet de la présidence a également insisté sur cette dimension, rappelant que l’innovation ne dépend pas uniquement des idées, mais aussi de la qualité de l’environnement dans lequel elles se développent.
Dans cette perspective, la coopération entre les autorités de régulation apparaît comme un levier important pour partager les expériences, identifier les solutions efficaces et adapter les bonnes pratiques aux réalités de chaque pays.
La connectivité pour tous, un défi majeur

Laure de La Raudière, présidente de l’ARCEP France et présidente par intérim du FRATEL, a, pour sa part, placé la réduction de la fracture numérique au centre de son intervention.
« Le numérique n’est pas une fin en soi, mais est et doit rester un moyen, un outil au service du progrès humain », a-t-elle rappelé.
La responsable a notamment évoqué les difficultés rencontrées dans certaines zones rurales, où l’insuffisance de la couverture mobile et la faiblesse des débits internet limitent encore l’accès aux services numériques.
Pour répondre à ces disparités, les discussions porteront sur plusieurs pistes, notamment la mutualisation des infrastructures, le suivi des obligations des opérateurs et le recours à différentes technologies, dont les solutions satellitaires.
L’objectif est de favoriser une connectivité de qualité sur l’ensemble des territoires, sans laisser de côté les populations les moins bien desservies.
Centres de données et nouveaux défis numériques
Les travaux du FRATEL aborderont également le déploiement des centres de données, devenus stratégiques avec l’essor du cloud et de l’intelligence artificielle.
Le financement de ces infrastructures, leur alimentation en énergie, la sécurité des données et leur impact environnemental figurent parmi les défis identifiés.
En réunissant les autorités de régulation francophones autour de ces problématiques, la rencontre de Conakry entend favoriser le partage d’expériences et l’émergence de solutions adaptées aux différents contextes nationaux.
Au-delà des discussions techniques, cette 24e réunion annuelle met ainsi en évidence un enjeu commun : faire des infrastructures numériques un moteur de développement économique et social.

Pour la Guinée, l’articulation entre les ambitions de Simandou 2040 et le développement des réseaux constitue une dimension importante de cette réflexion. Pour les régulateurs francophones, l’enjeu est de contribuer à bâtir un environnement numérique plus performant, plus accessible et durable, au service des populations.
Ibrahima Sory Diallo pour Guinee7.com
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