Conakry- Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, s’est rendu ce jeudi 5 novembre 2026 aux fumoirs de Bonfi, dans la commune de Matam. Cette visite intervient après la manifestation des femmes fumeuses de poisson, qui accusent un individu se présentant comme un membre de sa famille de vouloir les déposséder de leur lieu de travail.
Sur place, le magistrat a été accueilli par des chants entonnés par les femmes, venues à sa rencontre. Face à elles, Alphonse Charles Wright a tenu à apporter des précisions sur les accusations faisant référence à sa famille. Il affirme avoir réagi dès qu’il a pris connaissance de la vidéo dans laquelle les femmes évoquaient cette affaire. « Depuis que j’ai reçu la vidéo, je venais d’arriver au bureau. J’ai immédiatement pris ma voiture pour venir ici », a-t-il expliqué.
Le procureur spécial a ensuite exprimé son mécontentement face à l’utilisation de son nom dans ce conflit. Il a invité les femmes à la prudence avant de l’associer à une affaire dont il dit ne rien connaître. « Vous ne pouvez être rien d’autre que nos mamans ou nos sœurs. Retenez une chose : lorsque vous entendez mon nom dans une affaire, réfléchissez beaucoup. Parce que ce qui peut faire votre affaire peut également vous nuire », a-t-il déclaré.
Pour lever toute ambiguïté sur les personnes qui pourraient se réclamer de sa famille, Alphonse Charles Wright a également évoqué sa situation familiale. « Dire qu’il s’agit de la famille de Charles Wright, c’est très vague. Ma mère a eu cinq enfants. Mon grand frère est décédé. Vous ne verrez aucun membre de ma famille dans les ministères ou ailleurs. Personne ne peut indexer ma mère ou un membre de ma famille. Ils sont tous au village », a-t-il affirmé.
Visiblement touché par les déclarations des femmes, le magistrat estime que le fait de l’associer publiquement à cette affaire pourrait porter atteinte à son image. « Lorsque vous vous arrêtez devant une caméra pour parler de ma famille, c’est une manière de me discréditer. Vous ne devez pas me faire cela. Vous me mêlez à un problème dont je ne sais rien, alors que vous êtes des sœurs pour moi. Nul ne doit vous utiliser à cette fin », a-t-il regretté.
Alphonse Charles Wright a surtout reproché aux femmes de ne pas avoir cherché à le contacter directement avant de s’exprimer sur les réseaux sociaux. Il leur a demandé de privilégier le dialogue lorsqu’une personne prétend avoir un lien familial avec lui. « Lorsqu’une personne vient vous dire qu’elle est un parent de Charles Wright, vous devez d’abord venir me voir pour me dire : “Voilà ce que nous avons entendu”, avant de recourir aux réseaux sociaux. Ce que vous avez fait n’est pas normal », a-t-il insisté.
Poursuivant son intervention, le procureur spécial a rappelé son engagement auprès du président de la République, Mamadi Doumbouya, qu’il présente comme un combat mené au bénéfice de la population. « Tout mon combat auprès du président Mamadi Doumbouya est au bénéfice du peuple. J’ai sacrifié ma vie pour vous. Le président ne m’a pas nommé pour faire du mal au peuple. Mais n’acceptez pas qu’on vous utilise. Si je ne vous mets pas à l’ombre, je ne peux pas vous mettre au soleil », a-t-il lancé.
Revenant sur les déclarations faites la veille, il a réaffirmé sa déception et demandé aux femmes de le saisir directement si quelqu’un tente de se prévaloir de son nom. « Ce que vous m’avez fait hier m’a fait mal. Moi, je ne connais personne qui puisse faire cela. Lorsque quelqu’un vient vous raconter ce genre de choses, allez me voir », a-t-il ajouté.
Avant de quitter les lieux, Alphonse Charles Wright a voulu aller plus loin en demandant aux femmes de lui désigner l’individu mis en cause. Il a notamment sollicité son numéro de téléphone afin de pouvoir le retrouver. « Puisque je suis présent, montrez-moi la personne qui affirme être de ma famille. Je veux la voir. Si vous la connaissez, donnez-moi son numéro », a-t-il demandé.
À la suite de cette demande, le chef de port s’est déplacé pour récupérer le numéro de téléphone de la personne concernée.
De leur côté, les femmes ont présenté leurs excuses au procureur spécial et promis de se racheter après cet épisode.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
Suivez Guinee7.com sur les réseaux sociaux
Notre métier : informer

