Censure

Simandou : les premières gares ferroviaires pour les populations annoncées avant fin 2026

La mise en œuvre du projet minier de Simandou franchit une nouvelle étape, avec des avancées attendues dans le volet transport des citoyens. Ce jeudi 16 avril 2026, le président du Conseil d’administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), Mamoudou Nagnalén Barry, a apporté des précisions à ce sujet lors d’un échange avec les médias. Une rencontre destinée à éclairer l’opinion sur l’état d’avancement du projet et les perspectives liées à son exploitation.

Au cœur de son intervention, l’ancien ministre est revenu sur l’organisation globale du projet Simandou, qui repose sur plusieurs acteurs, notamment des consortiums miniers et la CTG. Cette dernière joue un rôle central dans le développement des infrastructures ferroviaires, avec l’ambition de doter la Guinée d’un réseau logistique moderne, capable de soutenir à la fois l’exploitation minière et la mobilité des populations.

Si le transport du minerai a déjà été amorcé depuis novembre dernier, celui des passagers et des biens reste encore en attente. Une situation qui s’explique par l’absence, à ce stade, d’infrastructures d’accueil adaptées, notamment les gares ferroviaires.

Sur cette question, Mamoudou Nagnalén Barry a tenu à préciser que les installations ferroviaires ont été conçues pour répondre à un double usage, contrairement aux projets antérieurs. Il a notamment insisté sur les efforts consentis pour adapter les infrastructures aux besoins des usagers.

«Je commence par rappeler qu’avant l’avènement de la CTG, les infrastructures n’avaient pas la vocation d’être utilisées pour les personnes et les marchandises. Donc, il a fallu ré-discuter, ré-négocier pour que d’abord, au niveau de la construction, on puisse tenir compte du fait que les infrastructures soient utilisées par les personnes et les marchandises. Et il faut rappeler que pour faire le courant, il y a plusieurs tunnels qui ont été créés. Par exemple, il y a un tunnel d’environ 12 kilomètres, extrêmement grand. Ce tunnel-là, si on n’avait pas fait les investissements nécessaires, personne ne pouvait traverser ce tunnel. (…). On a fait tous les investissements aujourd’hui, les infrastructures sont prêtes pour être utilisées par les personnes et pour les marchandises. Déjà, plusieurs cadres, la plupart des dirigeants, les sociétés minières et la CTG ont déjà pris le train pour aller de Mouribaya à Kérouané et de Mouribaya à Beyla. Donc, les chemins de fer sont prêts à être utilisés par les personnes. Ce qui n’est pas tout à fait finalisé, ce sont les gares passagères et les gares des marchandises», a-t-il expliqué.

Dans la même dynamique, le PCA de la CTG a révélé que des concertations sont en cours entre les départements ministériels concernés afin de déterminer les sites d’implantation des futures gares. L’objectif affiché est de garantir une desserte équitable des zones traversées par le chemin de fer.

Poursuivant, il a également évoqué les engagements contractuels liant la CTG à l’État guinéen, qui prévoient un délai maximal de deux ans pour rendre opérationnelles les gares destinées aux passagers et aux marchandises. Toutefois, les responsables du projet ambitionnent d’aller plus vite, avec une première livraison attendue avant la fin de l’année 2026. «Dans les accords, la CTG a un maximum 2 ans pour que les gares soient disponibles pour les personnes et les marchandises. Et là, nous pouvons aller plus vite que ça, parce qu’aujourd’hui, les trains sont là, les wagons pour les passagers qui sont différents des wagons pour les marchandises sont déjà là. Il y a les wagons très confortables. Donc, certains les prennent déjà, mais ce n’est pas pour le moment ouvert au grand public jusqu’à ce qu’on finisse la construction des gares. Et l’État a demandé qu’on fasse au moins une gare par préfecture, parce qu’il y a 10 préfectures, donc il y aura au moins 10 gares qui seront construites dans chacune des préfectures. Dans un maximum de 2 ans, on souhaite, avant la fin de l’année, avoir la première gare pour les passagers, ensuite les autres gares pour les marchandises», a-t-il précisé.

À terme, ce dispositif devrait permettre non seulement de fluidifier le transport du minerai, mais aussi d’offrir aux populations un moyen de déplacement moderne et structurant, en reliant plusieurs préfectures du pays à travers un réseau ferroviaire d’envergure nationale.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com