Censure

“Il ne se remuait plus…” : les dernières heures de Mamadou Sylla racontées par son frère

Le décès de Mamadou Sylla plonge sa famille et ses proches dans une profonde consternation. Le président de l’Union démocratique de Guinée (UDG) s’est éteint tôt ce jeudi 16 avril 2026 à son domicile de Dixinn.
Au sein de la famille, la tristesse est immense. Parents, amis et proches affichent des visages marqués par la douleur.

Son frère, El Hadj Dembo Sylla, a livré un témoignage poignant sur les dernières heures du défunt : “Hier, comme les jours précédents, on a travaillé, ceux qui savent un peu d’habitude, de 10 h jusqu’à 17 h. On arrête le travail lorsqu’on prie la prière d’Asr. Donc hier, nous avons travaillé sur tous les dossiers qu’on avait en instance, aussi bien entre nous ici qu’avec tous nos embranchements à l’intérieur du pays, jusqu’à l’approche de la pierre d’Asr. Et puis, comme d’habitude, on a prié et puis nous avons fait le résumé de la journée. Nous, nous sommes partis.”

Il précise qu’il a quitté Mamadou Sylla vers 17 h au bureau. C’est seulement au petit matin qu’il apprend la terrible nouvelle : “Vers 6 h, son grand frère, El Hadj Malick Sylla, m’a appelé pour me dire : oncle, on est venu dans sa chambre, mais il ne se remue pas. Je lui ai dit : « Il ne se remue pas, c’est quoi ? » Après, il a dit : « Non, il est mort. » Donc c’est comme ça, moi-même, j’ai appris vers 6 h moins 10 comme ça.”

Pour Dembo Sylla, son frère était un véritable pilier familial : “Pour la famille, vraiment, c’était un pilier, on peut le dire. Parce qu’il s’est mis à la disposition de toute la famille. Aussi bien ici, à Conakry, à Boké, partout, nos parents qui sont installés à l’intérieur du pays, en Casamance. Dieu a fait qu’il lui a donné les moyens, mais il a mis ces moyens-là à la disposition de toute la famille. Aussi, vous savez bien, ce n’est pas seulement la famille. Ici, il a créé une fondation. Lorsqu’on avait réfléchi, on disait : bon, puisque souvent les activités génèrent, et comme la religion le dit, tout le monde sait ici, la zakat, il est l’un des premiers en Guinée à le payer de façon vraiment indifférente. Alors, il a servi la Guinée, il a servi ses parents, mais aussi la Guinée. Sur tous les plans, il s’est mis à la disposition de tout le monde ici”, a témoigné Dembo Sylla.

Sur le plan politique, sa disparition intervient à un moment crucial : “Vous savez, on est vraiment sous le choc, il faut le dire. Bon, moi, en tant que père, et puis en tant que directeur depuis plus de 20 ans de toutes les sociétés que vous avez connues, mais aussi en tant que vice-président de ce parti, nous avons ardemment travaillé. Et hier, on était avec les 38 communes dans lesquelles on a présenté les candidatures. C’est ce matin-là, quand je suis arrivé ici, qu’on m’a dit qu’il y a eu la validation. Je n’étais même pas informé que les listes ont été validées. Franchement, comme nous sommes tous sous la souveraineté divine, nous disons que tout ce qui se fait, c’est la volonté de Dieu et nous nous en remettons”, a-t-il déclaré.

Pour l’heure, le programme des obsèques n’a pas encore été communiqué. La famille indique qu’une réunion sera tenue dans les prochaines heures pour en décider.

Bhoye Barry pour guinee7.com