Censure

Simandou : une phase d’accélération engagée, la logistique ferroviaire au cœur de la stratégie

La dynamique autour du mégaprojet minier de Simandou s’intensifie. Ce jeudi 16 avril, à l’occasion d’un point de presse tenu au porte-parolat du gouvernement, le président du Conseil d’administration de la Compagnie du Transguinéen (CTG), Mamoudou Nagnalen Barry, a levé un coin de voile sur l’état d’avancement des opérations, insistant sur la montée progressive des capacités d’exploitation et d’exportation.

Devant un parterre de journalistes, le responsable, également porte-parole sur ce dossier stratégique, a détaillé les mécanismes en cours pour soutenir l’ambition industrielle du projet, notamment sur le plan logistique. L’exploitation du gisement de fer de Simandou, couplée à la mise en place d’un vaste réseau ferroviaire, repose selon lui sur des investissements lourds et planifiés dans le temps.

Dans ses explications, Mamoudou Nagnalen Barry a mis en avant l’importance du matériel roulant dans la chaîne de production. Il a notamment précisé que l’atteinte des objectifs d’exportation dépend étroitement de la disponibilité des locomotives, fabriquées sur commande. « Il faut savoir que la CTG et le Simandou, pour faire 120 millions de tonnes de minerais exportés par an, nous avons besoin d’environ 150 locomotives. Une locomotive, c’est plusieurs milliards de francs à l’achat. Nous avons commandé 150 locomotives et vous remarquez certainement sur les réseaux sociaux chaque mois ou tous les deux mois, nous postons la réception des nouvelles locomotives. Les locomotives ne sont pas des équipements qu’on fabrique et qu’on stocke jusqu’à ce que les gens viennent acheter. C’est comme les avions : c’est quand ils sont commandés qu’ils sont produits. Donc c’est produit sur commande », a-t-il expliqué.

À ce stade, les livraisons s’échelonnent dans le temps, ce qui impacte directement le volume des exportations. Le PCA de la CTG a ainsi indiqué que les performances actuelles restent en progression, avec des résultats déjà significatifs. «La commande va continuer à arriver. C’est à mesure que nos commandes de locomotives arrivent que notre capacité d’exportation augmente. Aujourd’hui déjà, nous avons plus de 2 millions de tonnes exportées. À la dernière nouvelle, je pense qu’on a dépassé ça maintenant, au moins deux fois cela est transporté déjà. Et à mesure qu’on reçoit les locomotives, nous allons atteindre les dizaines, et l’année prochaine on va rapidement atteindre la centaine de millions de tonnes exportées », a-t-il ajouté.

Au-delà des aspects techniques, Mamoudou Nagnalen Barry a également mis en lumière les retombées économiques du projet pour la Guinée. Il a rappelé que l’État tire profit du dispositif à plusieurs niveaux, à la fois en tant qu’actionnaire et à travers les mécanismes fiscaux. «Il y a deux choses qu’il faut retenir avec les exportations. Une première chose, c’est que l’État guinéen est actionnaire pour moins de 15 % dans toutes les entités de Simandou. Cela fait automatiquement que nous avons des dividendes. On a une portion de plus de 18 millions de tonnes qui appartiennent à l’État même. Ça c’est une deuxième chose. Au-delà de cette part dans les minéraux, il y a différentes taxes qui sont payées à l’État. Chaque employé dans cette salle est un employé de la CTG, chaque employé paye une taxe à l’État et sur chaque tonne qui sort, on paye la taxe minière à l’État », a-t-il souligné.

Dans la même logique, il a insisté sur le rôle structurant de ces revenus pour l’économie nationale, évoquant leur contribution à la transformation du pays. «L’État reçoit non seulement en minéraux directement, mais aussi en taxes, ce qui constitue la base du projet de développement, parce que cela va générer des revenus importants pour l’État et permettre à la Guinée de disposer d’infrastructures pour transporter les autres biens et impulser les autres projets », a-t-il conclu.

Enfin, le patron de la CTG a rappelé que le projet se situe encore dans une phase de montée en régime. L’augmentation progressive du parc de wagons et de locomotives devrait, selon lui, permettre d’atteindre les objectifs fixés à moyen terme. «À date, nous sommes à quelques millions de tonnes déjà exportées… À mesure que les wagons viennent, que les locomotives viennent plus de 7 000 wagons sont commandés les quantités exportées vont augmenter. Nous sommes en période de ramp-up, donc nous montons progressivement vers notre puissance optimale », a-t-il indiqué.

À mesure que les infrastructures se consolident, les ambitions autour de Simandou se précisent, avec en ligne de mire une industrialisation accrue et une transformation durable de l’économie guinéenne.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com