Censure

Tidiane Soumah interpelle Azaya et Djelykaba Bintou

La scène musicale guinéenne continue de réagir après le concert de Sidiki Diabaté, tenu le 26 avril 2026. Au cœur des discussions : un moment jugé marquant par de nombreux spectateurs, lorsque Djelykaba Bintou est descendue de la scène au moment où Azaya y faisait son entrée. Une séquence qui a rapidement alimenté les débats sur les réseaux sociaux et relancé les spéculations autour des tensions entre les deux artistes.

Dans ce contexte, le promoteur culturel Tidiane Soumah, à travers sa structure Tidiane World Music, a publié un message dans lequel il livre une analyse critique de la situation, tout en appelant à plus de responsabilité dans le monde du spectacle.

Dès l’entame de sa publication, il donne le ton : « l’élévation : Conseils de Tonton Tidiane à ses trois enfants. »

Dans son texte, il rappelle les enjeux qui dépassent les querelles individuelles : « dans le monde du spectacle, la vie privée n’est pas toujours un sujet public. Pourtant, quand l’image d’un pays et de toute une industrie est touchée, il devient difficile de garder le silence. »

Faisant référence directe à la scène du 26 avril, il souligne un rendez-vous manqué entre les artistes : « c’est dans cet esprit qu’un regard critique est posé sur le trio vu sur scène, mais manqué entre Sidiki Diabaté, Azaya et Djely Kaba Bintou. »

Pour le promoteur, l’événement aurait pu marquer un tournant : « le spectacle du 26 avril 2026, porté par Sidiki Diabaté, devait être un moment fort. Mais sur scène, la maturité professionnelle et la capacité à s’élever au-dessus des tensions privées ont clairement fait défaut. »

Il insiste sur ce qui, selon lui, aurait dû primer : « dans un domaine où le plaisir du public est la priorité, une prestation commune des trois artistes aurait été une démonstration de grandeur. »

Et d’ajouter : « cela aurait aussi envoyé un signal fort pour la scène africaine et pour le showbiz guinéen, tout en apaisant les tensions entre fans et entourages. »

Au-delà des différends personnels, Tidiane Soumah évoque une opportunité manquée : « pour l’amour de l’art, cette collaboration aurait pu offrir une dimension internationale à cette génération d’artistes. »

Mais le constat qu’il dresse est sans détour : « au lieu de cela, l’impression laissée ressemble davantage à une mise en scène sans profondeur, une image peu valorisante pour le spectacle africain et guinéen, et pour les artistes eux-mêmes. »

Dans une analyse plus large, il met en garde contre la culture du buzz : « il est important de distinguer le buzz du mythe. Le buzz peut être créé par tous, rapidement. Mais construire une légende demande du temps, de la cohérence et de la hauteur. Trop de buzz peut même affaiblir l’image d’un artiste et réduire la portée de son œuvre. »

Revenant sur ce qui aurait pu être un moment historique, il poursuit : « une collaboration entre Azaya, Djely Kaba Bintou et Sidiki Diabaté aurait pu marquer un tournant pour l’industrie du spectacle en Guinée. Elle aurait apporté plus de visibilité, de crédibilité et d’unité. Malheureusement, l’opportunité du 26 avril 2026 n’a pas été pleinement saisie. »

Et d’en tirer une conclusion élargie : « au final, c’est toute une industrie qui semble perdre plus qu’elle ne gagne. »

Dans son message, le promoteur n’oublie pas de saluer les efforts institutionnels : « il convient toutefois de reconnaître les efforts du ministre Moussa Moïse Sylla, à la tête du Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, qui œuvre depuis l’an passé pour structurer et valoriser le secteur. »

Il appelle également à plus de retenue et de professionnalisme : « rester professionnel malgré les difficultés personnelles, notamment après une séparation, aurait été une preuve de grande maturité. La sagesse, l’humilité et le respect du public sont essentiels. Après l’amour ou la vie de couple, il reste au moins l’art et la responsabilité de préserver sa magie. »

Enfin, Tidiane Soumah précise la portée de son intervention : « ce message se veut un appel à la hauteur, au respect et à l’unité. Il ne vise pas seulement trois artistes, mais toute une industrie en quête de repères. Avec sincérité, des excuses sont présentées pour cette prise de parole publique, guidée par le souci du bien commun. »

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com