Censure

Procès du 28 septembre 2009 : le général Aguibou Tall obtient un huis clos malgré l’opposition de la défense

Cité à comparaître devant le Tribunal de première instance de Dixinn en qualité de témoin dans le procès des événements du 28 septembre 2009, le général Aguibou Tall, actuel commandant de la gendarmerie régionale de Conakry, a répondu à la convocation. Vêtu d’une tenue de treillis et arborant ses étoiles de général sur les épaules, il s’est présenté, ce lundi 15 juin, à la barre du tribunal délocalisé dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry.

La comparution du général Aguibou Tall a été sollicitée par les avocats du colonel Bienvenu Lamah. Selon eux, cet officier est appelé à répondre à plusieurs interrogations concernant des documents versés au dossier de leur client.

À la barre, l’officier de la gendarmerie nationale a exprimé le souhait d’être entendu à huis clos. « Avec tout le respect que je dois à ce tribunal, je sollicite d’être entendu à huis clos », a-t-il déclaré.

Il a justifié sa demande en ces termes : « Compte tenu de mon rang, premièrement, et deuxièmement parce que je viens répondre au nom de mon institution. Je ne réponds pas en tant qu’Aguibou Tall. C’est à la suite d’une demande de la justice, transmise par ma hiérarchie, que je me suis présenté. Je suis toujours officier de police judiciaire. »

Le ministère public ainsi que les avocats de la partie civile n’ont formulé aucune objection à cette requête du témoin cité par la défense. En revanche, les avocats du colonel Bienvenu Lamah ont plaidé pour une audition publique.

« On se demande ce que le général est en train de cacher. Il a posé un acte en assumant toute sa responsabilité. Il n’est pas venu au nom d’une institution. Il n’est pas venu au nom du commandement de la Gendarmerie nationale ni de la Gendarmerie nationale, mais en son nom personnel. La décision dit bien : « ordonne la comparution du général Tall ». Elle ne dit pas : « ordonne la comparution du commandement de la Gendarmerie nationale ». C’est son nom qui est cité et c’est lui qui est le signataire de l’acte. Nous ne voyons donc pas l’opportunité d’un huis clos. Il ne s’agit ni d’une question de grade ni de fonction. Qu’il soit général ou maréchal, ce n’est pas le problème. La seule question est de savoir si M. Aguibou Tall est présent. On peut même l’appeler M. Aguibou Tall, car il est monsieur avant d’être général », a soutenu l’un des avocats de la défense.

En application des dispositions de l’article 397 du Code de procédure pénale et de la loi L/2022/013 du 23 septembre 2022, le président du tribunal a ordonné le huis clos pour la déposition du témoin, le général Aguibou Tall. Le ministère public a alors pris les dispositions nécessaires pour faire évacuer la salle de toutes les personnes non concernées par le dossier des événements du 28 septembre 2009.

Bhoye Barry pour guinee7.com