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Pêche illégale : le CNSP met la main sur deux navires chinois et menace les contrevenants

Repérés pendant le repos biologique de juillet et août, les deux bateaux disposaient de licences de pêche bissau-guinéennes, mais d'aucune autorisation pour exercer dans les eaux guinéennes. Guillaume Hawing annonce des sanctions et promet de poursuivre les opérations de surveillance.

Guinée- La surveillance satellitaire a permis de repérer deux navires chinois opérant sans autorisation dans la zone économique exclusive (ZEE) guinéenne. Interceptés lors d’une opération conjointe entre le Centre national de surveillance et de police des pêches (CNSP) et la Marine nationale, les deux bateaux font désormais l’objet de procédures. Le directeur général du CNSP, Guillaume Hawing, annonce des sanctions et prévient que d’autres navires seront traqués.

La lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) se poursuit dans les eaux guinéennes. Deux navires de pêche battant pavillon chinois ont été interceptés à la suite d’une opération menée par les services de surveillance des pêches et la Marine nationale dans la zone de Katchèk, à proximité de la frontière entre la Guinée et la Guinée-Bissau.

Selon les explications fournies par Guillaume Hawing, directeur général du CNSP, leur présence suspecte avait été détectée plusieurs semaines auparavant, pendant la période de repos biologique de juillet et août. Le système de surveillance satellitaire avait alors permis de relever leurs positions dans les eaux guinéennes. « Pendant le repos biologique, juillet-août, à travers notre système de surveillance satellitaire, nous avons constaté la position des navires battant pavillon étranger. Donc, ces deux navires, nous avons constaté leur position irrégulière dans nos eaux, dans la ZEE guinéenne », a-t-il expliqué.

À partir de ces premières constatations, les responsables du CNSP ont préparé une intervention avec la Marine nationale. Celle-ci s’est concrétisée le mercredi de la semaine dernière, avec le déploiement des équipes sur la zone concernée. « Quand nous avons constaté cela à travers notre système de surveillance satellitaire, nous avons planifié une sortie du côté de Katchèk. Katchèk, c’est la limite, c’est la frontière entre la Guinée-Bissau et la Guinée. Nous avons organisé une patrouille. Et voilà, le mercredi de la semaine passée, les hommes sont descendus sur le terrain. La Marine nationale avec le CNSP, les inspecteurs du CNSP, nous avons pris ces deux navires qui étaient en train de commettre la pêche INN dans la zone économique exclusive guinéenne », a-t-il déclaré.

Le directeur général du CNSP apporte une précision sur la situation administrative des embarcations interceptées. Bien qu’elles disposent de licences délivrées par les autorités bissau-guinéennes, ces dernières ne leur donnent aucun droit de pêche dans les eaux de la Guinée. « Ces navires n’ont pas une licence de pêche guinéenne. Ces navires, ce sont les navires étrangers, battant pavillon étranger, chinois, qui ont les licences de la Guinée-Bissau. Donc, ils n’ont aucune autorisation à venir pêcher dans nos eaux », a-t-il insisté.

Après leur interception, les deux bateaux ont été déroutés et confiés à la garde de la Marine nationale. Les inspecteurs du CNSP ont également procédé aux vérifications nécessaires pour documenter les infractions présumées. Pour Guillaume Hawing, les éléments recueillis permettent de confirmer les faits reprochés aux équipages. « La Marine nationale assure la garde. Il faut les féliciter, il faut leur dire merci pour le combat qu’ils sont en train de faire. Le CNSP a la compétence de raisonnement. Les inspecteurs sont déjà sur le terrain. Ils sont venus voir effectivement l’effectivité de la pêche INN. Ils se sont assurés effectivement que ces navires étaient dans nos eaux. Ils ont pêché dans nos eaux. Les faits sont établis », a-t-il soutenu.

Sur le volet judiciaire et administratif, le responsable annonce l’application de la réglementation nationale à l’encontre des contrevenants. « Nous avons la réglementation. Nous allons les verbaliser selon la réglementation guinéenne », a-t-il prévenu.

D’autres navires dans le viseur du CNSP

L’interception de ces deux embarcations ne marque pas la fin des opérations. Guillaume Hawing affirme que plusieurs autres navires continuent de mener des activités interdites dans les eaux guinéennes. Il entend faire de cette intervention un avertissement à l’ensemble des acteurs concernés. « Cela doit être l’alerte pour les autres, parce que ce n’est pas seulement ces navires. Il y a d’autres navires qui continuent à opérer des sales besognes dans nos eaux, dans notre ZEE. Donc, qu’ils le sachent, nous allons continuer à les traquer jusqu’à leur dernier retranchement. Nous n’allons jamais démissionner », a-t-il averti.

Le directeur général rappelle, par ailleurs, que les mesures de surveillance doivent s’appliquer sans distinction aux bateaux étrangers et aux embarcations nationales. Il évoque à ce propos les instructions reçues du chef de l’État concernant la préservation des ressources halieutiques. « C’est ce qui nous a été dit par le président de la République, de nous battre comme nous pouvons, autant que faire se peut, pour ne pas que les navires, à commencer par les navires guinéens ou les navires étrangers, commettent la pêche INN dans nos eaux », a-t-il déclaré.

Au-delà de la lutte contre les infractions et de la préservation des ressources halieutiques, Guillaume Hawing inscrit cette mission dans une responsabilité envers les générations futures. Il estime que la protection des eaux guinéennes constitue un héritage qu’il appartient aux générations actuelles de préserver. « Il faut retenir que ces eaux, ce sont les eaux qui étaient là avant que nous ne soyons ici. D’autres ont protégé ces eaux. Voilà pourquoi nous bénéficions de ces eaux aujourd’hui. Si nous ne les protégeons pas, nous à notre tour, on va trahir la génération qui doit venir », a-t-il fait valoir.

Le patron du CNSP réaffirme enfin sa volonté de maintenir la pression sur les auteurs de pêche INN dans la zone économique exclusive guinéenne, en poursuivant les interventions avec la Marine nationale. « Nous allons continuer à traquer les navires pirates. Nous allons continuer à traquer ceux qui commettent la pêche INN dans notre ZEE jusqu’à leur dernier retranchement », a-t-il conclu.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com