La conférence de presse du président de la République, n’a pas fini d’alimenter la chronique dans la cité. Avec une opinion publique désormais partageait entre le doute et l’inquiétude, pour ce qui est de l’après 2020, vu le flou qui entoure la position affichée par Alpha Condé, à propos d’un probable troisième mandat.

Une fois n’est pas coutume, dit-on, car c’est un dimanche que le  chef de l’Etat a convié la presse à un échange sur la situation sociopolitique du pays. Une conférence de presse qui aura finalement laissé planer plus de doutes dans l’esprit de nombreux guinéens, qu’elle n’a apporté de réponses à leurs préoccupations.  Surtout quand il s’est agi de cette fameuse question relative à l’éventualité d’un troisième mandat du président Alpha Condé. Celui-ci a botté en touche, en affirmant que sa préoccupation de l’heure était de travailler pour le développement du pays. Et que le moment venu, il reviendra au peuple de se prononcer sur ce qu’il adviendra. Cette réponse n’a pas du tout rassuré la majeure partie de l’opinion. Quand on sait que les chefs d’Etat du continent ont cette petite ruse, d’emprunter des « raccourcis », que sont les référendums, pour faire sauter le verrou constitutionnel, qui les empêche de se maintenir au pouvoir  ad vitam æternam.

Aujourd’hui, le débat est lancé sur les intentions d’Alpha Condé, après 2020, qui marquera le terminus de son second mandat. Et bien que l’on soit encore loin de cette date fatidique, il faut dire que les propos du chef de l’Etat laissent entrevoir une envie pour lui, d’emprunter le chemin, qui peut s’avérer parfois « périlleux », pour perpétuer son règne. N’est-ce pas en voulant tripatouiller la constitution que Blaise Compaoré, du Burkina Faso fut contraint à renoncer à son pouvoir, pour sauver sa tête. Certains hommes d’Etat ont certes réussi, dans cette expérience, mais à quel prix ? C’est le cas de Pierre NKurunziza du Burundi, qui a décimé son pays, en s’accrochant au pouvoir contre le gré de son peuple. Denis Sassou Nguesso du Congo, ne s’en est pas sorti tout à fait indemne, vu que son passage en force, a provoqué une crispation politique.

Pour le cas de la Guinée, la récente sortie du président a provoqué un emballement médiatique.  Et parmi les réactions qui ont retenu le plus l’attention, il ya celle de Cellou Dalein Diallo, son principal opposant, qui lors d’une conférence de presse tenue le mardi dernier, a affirmé qu’à son avis Alpha fera le « bon choix ». Car, selon lui, en essayant de tripatouiller la constitution, cela pourrait avoir des conséquences fâcheuses, sur la vie de la nation.

En tout état de cause, le président Condé qui dit n’avoir de leçon à recevoir de personne, saura certainement le moment venu, se plier aux exigences de son peuple,  qui sont  celles du respect de la constitution. Et cela passe forcément par son départ après ses deux mandats.

En attendant, le locataire du Palais Sékhoutouréya, aura à relever les énormes défis socioéconomiques, qu’il s’est fixé, en vue de faire de la Guinée un pays émergeant.

Mamady Kaba

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