Mercredi 29 juin 2016, on est aux alentours de 8h, je suis en taxi en route pour le service. Entre l’échangeur de Madina (niveau Pharmacie centrale) et le suivant (niveau SIG) de nombreux militaires s’activent à désherber l’espace qui va des rails à l’autoroute. Je les regarde avec un sourire car la scène me rappelle les journées d’investissement humain qui avaient cours les premières années de notre indépendance. C’est une pratique populaire de courte durée qui résout un problème qu’en apparence, le problème se repose inévitablement plus tard parce que la solution préconisée est éphémère.

Assainir Conakry est devenu un casse-tête pour l’Etat et pour les citoyens depuis trois décennies. La gestion des ordures a été confiée tantôt à l’administration, tantôt à des entreprises privées, sans résultat. La raison de l’échec est toute simple, aucune activité d’envergure ne peut aboutir dans un système de malgouvernance avéré. Or c’est le cas en Guinée où la corruption et l’impunité ont force de loi aussi bien dans les administrations publiques que privées.

Les exemples de villes propres ne sont pas que de l’Occident, un pays pauvre comme le Rwanda est en mesure de donner des leçons en matière d’assainissement de ville. Kigali est aujourd’hui citée comme étant la capitale la plus propre d’Afrique. Ce n’est donc pas sorcier d’y arriver, il suffit d’en avoir la volonté politique. Mais parler de volonté politique, revient à faire référence à priori à l’existence d’un bon leadeurship à la tête du pays.

Nous ne réussirons rien dans quelque domaine que ce soit tant que la Guinée restera la chasse gardée d’une oligarchie d’incapables et d’apatrides. Les images repoussantes aux yeux des étrangers qui débarquent chez-nous sont entre autres le manque de courant électrique, d’eau courante, l’insuffisance de transports en commun fiables, des routes crevassées et des montagnes d’ordures à tous les coins de rue.

Quelle solution pour assainir Conakry ? Posons-nous plutôt la question fondamentale de notre existence en tant qu’Etat, où trouver l’homme providentiel pour gérer la Guinée ?

 

Walaoulou BILIVOGUI

 

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