Fonikè Manguè (à gauche) et son avocat, Me Béavogui

L’affaire Foniké Manguè du FNDC contre Aboubacar Fabou Camara, ancien directeur de la police judiciaire (DPJ), s’est poursuivie à la  Cour d’appel de Conakry, ce lundi 28 février, par les plaidoiries et réquisitions.

Au compte des avocats de la partie civile, Me Salifou Béavogui, a rappelé qu’ « Il y a un an en arrière à la DPJ, la loi n’avait pas sa place là-bas ».

Il a alors invité le juge, de dire « le droit, rien que le droit » en condamnant le prévenu au paiement d’un milliard de francs guinéens.

À son tour, le procureur a relaté les faits qui ont été décrits par le plaignant, Oumar Sylla alias Foniké Menguè. Selon lui, personne ne devrait défendre la « violation des droits humains ».

Considérant tout cela, il a estimé que les faits d’abus d’autorité sont fondés. A cet effet, il a indiqué que Fabou « ne peut bénéficier de circonstances atténuantes, puisqu’il était réfractaire de toutes les lois du code de procédure pénale ».

Donc, il a requis auprès du juge, qu’en faveur de l’article 643 du code pénal, de le déclarer coupable, des délits qui lui sont reprochés. Pour la peine de le condamner à deux ans d’emprisonnement dont un an assorti de sursis. Mais aussi au paiement de la somme de 5 millions de francs guinéens.

Les avocats de la défense, à tour de rôle se sont attelés à défendre leur client. Ils ont parlé notamment « d’acharnement ».

Selon eux, aucun des faits reprochés à leur client ne lui est imputable. Ils ont pris comme argument, qu’en aucun cas une preuve matérielle prouvant l’implication directe de Fabou au déroulé des faits qu’on reproche à leur client n’a été présenté devant la cour.

Ils ont demandé au juge de renvoyer leur client des fins de la poursuite.

Pour sa propre défense, Aboubacar Fabou Camara, a indiqué droit dans ses bottes : « je vous rassure une seule chose. J’ai foi en Dieu. J’ai foi au pays que je sers. Si j’avais fait quelques actes qu’on me reproche, je n’aurais aucun mal à le reconnaître. En toute sincérité, je n’ai posé aucun acte. Parce que je serais jugé par votre cœur et je serais jugé par le très haut qui est Allah. Personnellement je n’étais pas impliqué dans cette affaire avec Foniké Menguè. Ce que j’ai fait, je le reconnaîtrais quelle qu’en soient les circonstances. Je ne mentirais pour rien. »

Après ces phases, le juge a renvoyé l’affaire pour décision le 14 mars 2022.

À rappeler que l’officier de police judiciaire est poursuivi dans cette affaire pour des faits d’ « arrestation arbitraire, dénonciation calomnieuse, menaces, violences et injures ».

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com