Le dossier de Mariam Diallo qui aurait assassiné son mari, le 14 février 2019, à Bambeto, était inscrit, ce mardi 18 février 2020, au rôle d’audience du tribunal de première instance de Dixinn délocalisé dans l’enceinte de la mairie de Ratoma. La jeune dame est poursuivie pour “coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner”.

C’est à 11h 16 mn que le juge, Aboubacar Mafering Camara a appelé la prévenue à la barre. A sa place, son avocat, Me Alseny Aissata Diallo a pris la parole pour rappeler qu’à la dernière audience, le procureur avait demandé de faire une contre-expertise sur l’état de la santé mentale de la prévenue. Ce qui fut fait par un spécialiste. 

Durant une bonne quinzaine de minutes, Me Alseny a développé le contenu des trois rapports qui ont tous conclu que Mariam Diallo “souffre des problèmes psychiatriques”. Le premier rapport a été fait le 26 février 2019 aux Etats-Unis d’Amérique et transféré en Guinée. Le deuxième a été fait le 23 août 2019 à Conakry par un spécialiste guinéen. Et le troisième a été fait par un autre spécialiste guinéen, en janvier 2020.

“Dans ce dernier rapport il est mentionné que Mariam Diallo présente des troubles mentaux critiques “, a déclaré Me Alseny Aissata Diallo avec le rapport en main.

Plus loin, Me Alseny Aissata a révélé que la République de Guinée ne dispose que de deux professeurs légistes psychiatres. Il s’agit des Professeurs Mamady Keïta et Doukouré. Et selon lui, ces deux spécialistes ont fait leurs expertises et ont conclu que sa cliente est malade.

En conséquence, l’avocat a demandé au tribunal l’application de l’article 21 du code pénal et les articles 533 et 544 du code de procédure pénale, en libérant Mariam Diallo.

“Même si les faits sont authentiques, il est avéré qu’elle a tué son mari ; elle l’a fait inconsciemment (…). Depuis qu’elle (Mariam Diallo) a appris à la maison centrale que c’est elle la responsable de la mort de son mari, elle n’arrête pas de prier pour lui”, a argumenté Me Alseny Aissata Diallo tout en soutenant que la partie civile s’est désistée devant le juge d’instruction.

De son côté, M. Boubacar 1 Bah, représentant le procureur dans ce dossier a déclaré que “le ministère public n’est pas un médecin, c’est à vous d’examiner les conclusions des rapports”, a-t-il soutenu.

Par rapport au désistement de la partie civile, le procureur s’est inscrit en faux, en s’adressant au juge : ” il y a bel et bien une partie civile qui a été entendue au départ mais non au niveau de votre tribunal pour le moment.”

Après avoir écouté les deux parties, le juge a renvoyé le procès au 25 février pour délibérer sur l’exception soulevée par la défense.

Il faut rappeler que dans la nuit du 14 février 2019, Mariam Diallo aurait assassiné son époux. Et depuis lors elle a été mise sous mandat de dépôt et détenue à la maison centrale. Quelques mois après le drame, son procès a été programmé en septembre 2019 au tribunal criminel de Dixinn. Dès l’ouverture du procès, la défense avait soulevé une exception comme quoi la présumée coupable souffre des problèmes mentaux.

Bhoye Barry pour guinee7.com

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