Toujours pas d’accord avec la direction du projet de construction du barrage hydroélectrique de Souapiti, l’Union de défense des sinistrés de Souapiti (UDSS), lors d’une conférence de presse animée à Conakry ce lundi 19 aout, a fait le point sur la situation.

Oumar Aïssatou Camara, huissier de justice et porte-parole des sinistrés a expliqué que : « C’est suite à une trahison que nous avons constaté de la part du projet Souapiti, après avoir passé un accord oral dont le contenu était de ne plus communiquer dans les médias et de partir sensibiliser nos parents pour qu’ils soient rassurés que tout se passera désormais bien, et qu’on ne va plus les surprendre dans les opérations de déguerpissement. Pendant que nous sommes sur le terrain, pour la sensibilisation, On a appris avec grande surprise que le projet veut que la population bouge le lendemain même. On a demandé d’explication en vain. »

Avant d’ajouter : « Jusqu’à preuve du contraire, nous sommes mécontents de leur attitude. »

Par rapport à ce qu’ils comptent faire, il a déclaré que : « Nous avons planifié beaucoup d’activités, que nous ne souhaitons pas étaler ici. Parce que nous sommes en train de voir ce projet qui veut faire des intimidations, maintenant. Ce n’est plus au niveau du projet. Il y a certains agents de l’Etat qui commencent à mettre les pieds dedans. Maintenait nous sommes en train de voir comment surprendre tout le monde. »

Plus loin, il a fourni ces détails : « par exemple à Konkouré, on a vu le sous-préfet, monsieur Amadou Sadjo Diallo, qui a qualifié un jeune de chien, de maudit, de mal éduqué, parce que tout simplement, le jeune a dit, qu’effectivement, on avait des infrastructures pareilles là où nous étions. Donc c’était pour ne pas faire de l’extravagance autour de ce que le projet est en train de faire, qui n’est pas du tout de qualité. On a vu que monsieur le sous-préfet voulait donner une image extrapolante à ces infrastructures. Il y a aussi le représentant du ministère de l’administration du territoire qui dit que coute que coute, qu’il faut que les gens déguerpissent le lendemain même. »

Il pointe aussi du doigt, le directeur de l’environnement et du développement durable du projet, Ibrahima Keita, comme « principal responsable de cette situation vécue par ces populations. Mais monsieur Keita, lui il y a très longtemps qu’on le connait, il vient montrer des maquettes aux gens pour dire là ou vous partez, c’est des maisons comme ça qu’on va construire pour vous, vous aurez de l’eau et de l’électricité, mais quand vous partez sur le terrain, ce n’est pas ce qui est là-bas. Cette fois aussi, il était parmi ceux qui s’étaient engagés, pour qu’on arrête toute les interventions et qu’ils vont arrêter les travaux, il a fait la même chose qu’il a l’habitude de faire, qui consiste à trahir des gens ».

Il a martelé par ailleurs : « Ce qui est clair, tant que nos populations ne seront pas rétablies dans leurs droits, peut être que nous serons tous noyés, parce que si nous n’avons pas le gilet de sauvetage, bientôt nous allons tous mourir. Mais l’eau là va soit nous inonder avec nos populations, ou alors les gens soient rétablis dans leur droit.  Peut-être, sinon, eux ils massacrent les populations. Donc je ne peux pas vous dire les perspectives ici. »

Et d’informer plus loin, « nous sommes en train d’enquêter. Il semble que ce projet est en train de préparer d’éventuelles zones minières. Il parait qu’il y a des endroits dans nos localités qui sont posées sur des sols qui sont très riches. Alors il faut se déplacer de force afin d’utiliser ces endroits. C’est pourquoi ils sont en train d’anticiper les choses. Sinon depuis jeudi, ils disent qu’ils ont barré la vanne. Mais depuis cela, vous avez entendu quoi d’abord ? »

A rappeler que cette union avait tenu une première conférence le 22 juillet dernier. Au cours de laquelle, les membres ont exposé les conditions de vie des citoyens riverains du barrage hydroélectrique de Souapiti. Avant de demander une « juste indemnité ». Et c’est le combat que mène M. Camara et compagnie.

Situé en amont de Kaléta (240 mégawatts), le barrage hydroélectrique de Souapiti (450 mégawatts), coute 1,2 milliard d’euros avec une retenue d’eau de 6 milliards 300 millions de mètres cubes. « Une quantité d’eau qui va permettre non seulement au barrage de bien fonctionner mais aussi, le niveau de Kaléta sera régulé. Ce qui veut dire que Souapiti va servir de réserve pour Kaléta et le problème d’étiage ne va plus se poser », avance un technicien.

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Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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