Guinee7.com a révélé que Charles Wright, ministre de la Justice, a ordonné de poursuivre des personnes décédées pour des faits présumés de « corruption, enrichissement illicite, blanchiment d’argent, faux et usage de faux en écriture publique, détournement de deniers publics et complicité ».

Face au tollé provoqué par cette injonction inédite, le ministre a expliqué sur les ondes de la RTG que « lorsqu’on retrouve par exemple au niveau du compte d’une personne décédée un montant de 50 milliards, et qu’il se trouve que cette personne a géré une parcelle du pouvoir de l’Etat, à priori, nous ne nous disons pas que cet argent est détourné ou vient de la corruption. Il faut quand-même mener des enquêtes en posant une seule question, est-ce que le revenu de cette personne par rapport aux ressources trouvées peut-il être justifié? Il revient à la personne ou à ses ayant-droits de justifier les ressources financières du défunt afin que soit dissipé tous doutes d’enrichissement illicite ».

Pour certains juristes, cet argument de Charles Wright est tiré par les cheveux. « On peut continuer l’action civile si le défunt a été condamné par la justice de son vivant ; ou si ses co-accusés l’ont été. On aura en ce moment écouté la version du défunt. Mais la procédure judiciaire ne peut pas être enclenchée contre une personne qui ne vit plus. Pour la simple raison qu’elle ne peut pas se défendre », analyse un juriste. 

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com