Cellou Dalein Diallo s’est déclaré président de… la salle d’attente des résultats de la présidentielle du 18 octobre. Optant ainsi, dans une démarche à la fois cavalière, pour la voie la plus inattendue de la part d’un républicain. Seulement, s’autoproclamer « président » (de la rue publique ?) sur la base d’hypothétiques procès-verbaux compilés par l’UFDG, est une chose, avoir les moyens de prouver son bon droit et sa bonne foi en est une autre.

Au demeurant, conseillé par certains de ses proches, l’opposant d’Alpha Condé a été entraîné dans cette aventure surréaliste, porté sans doute par un élan irrésistible  qu’il a eu du mal à contenir, en annonçant devant la presse sa « victoire », sans donner (le fait est assez remarquable pour être souligné) le moindre chiffre qui le pousserait à affirmer qu’il a remporté ce scrutin « dès le premier tour ».

A-t-il eu la frousse de publier « ses » prétendus PV qui, selon lui, lui donneraient la « victoire » sur son adversaire, au risque d’être démenti par les faits qui seront bientôt, et publiquement, étalés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) où siègent ses propres représentants ? A-t-il voulu mettre tout le monde devant un fait accompli, en mobilisant et en entraînant cyniquement ses partisans, dans une dynamique de contestation post électorale, comme pour dire au « petit bonheur la chance » ?

Il est tout de même important de noter que la communication du leader de l’UFDG est tenue par un certain Ousmane Gaoual Diallo, qui avait, il n’y a pas si longtemps annoncé avec « conviction » la mise en service de 80 drones munis de caméra à infra rouge svp, que personne n’a jamais vu, pour soit disant filmer et sécuriser les manifestations de l’opposition. Le même Gaoual a, toute honte bue, allongé le délai de résurrection de Jésus de 3 jours à 11 jours, comme si le mensonge servi à son auditoire est suffisant pour servir ses propres intérêts…

Que l’UFDG conteste, avec des arguments logiques et implacables, la candidature d’Alpha Condé à cette présidentielle de 2020, est plus que normal. Que ce parti s’insurge contre certaines décisions prises par la Commission électorale nationale indépendante ou contre la Cour Constitutionnelle entre dans le cadre de la bataille politique. Mais adopter une démarche parallèle pour chauffer à blanc ses ouailles, sur la base d’un mensonge aussi gros qu’une maison, est tout simplement irresponsable, et d’une affligeante légèreté.

A l’évidence, unanimement condamné par tous ceux qui voient l’impasse vers lequel il fonce (y compris la CEDEAO, l’UA, l’UE et les observateurs du scrutin !), Cellou Dalein a très mal joué à… qui perd gagne. Et il ne risque pas de sortir grandi de cet épisode lamentable, mis en scène par les extrémistes de son camp, comme dans un mauvais cirque. Car, malheureusement pour ceux qui ont dansé trop tôt, les quelques résultats déjà affichés aux niveaux des bureaux de vote, et annoncés publiquement dans différentes radios, sont aux antipodes de sa déclaration qui, au finish, le place dans une solitude bien humiliante.

Par Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com