Ansoumane Kaba Guiter

En juin 2014, le président de la République a lancé les travaux de bitumage de la route Kankan-Mandiana (83 km), pour un délai d’exécution de 24 mois. Six ans après, la société GUITER SA, une entreprise Guinéenne, a du mal à honorer son engagement vis-à-vis de l’Etat d’une part et d’autre part des usagers de cette route.

Cette année encore, les grandes pluies s’annoncent à grand pas, toujours pas grand-chose sur les autres kilomètres restant. Après la poussière pendant la saison sèche, les usagers de cette route vont renouer avec la boue.

Selon le libellé du projet, la construction de cette route nationale No7 Kankan-Mandiana est entièrement financée par le Budget national de développement (BND) à hauteur de 126 millions d’euros. Cette route menant à deux pays limitrophes de la Guinée doit répondre aux normes de la CEDEAO.

Caractéristique de la route

Le cahier de charge, mentionne que la route nationale No7 Kankan-Mandiana aura une chaussée de 7 mètres de 2 voies, avec un accotement de 1m 50 et les accessoires… Une couche de 10 cm d’épaisseur suivra. Au-dessus de la couche de grave bitume, l’entreprise mettra la couche de roulement qui est un enrobé semi-granit avec une épaisseur de 5cm. Si toutes ces caractéristiques sont respectées la garantie de la route sera de 20 ans.

Un grand retard accusé par la société GUITER SA dans l’exécution des travaux

Dans le cahier de charge, la Guinéenne de terrassement (GUITER SA) devrait bitumer les 83 km en 24 mois. Depuis le jour du lancement en 2014, seulement 17 km ont été rendus. L’entreprise avait arrêté les travaux pendant deux ans avant de reprendre en 2018.

Sur les raisons du retard, le chargé de communication de la société Guiter SA, M. Mory Kaba a évoqué deux points dans une note dont notre rédaction détient copie.

« Un premier lié à la fibre optique qui a entrainé un déplacement des départements concernés sur le terrain et plusieurs réunions à l’ACGP.

Un second, (depuis deux mois) lié à la démobilisation du bureau de contrôle du chantier pour motif de la rétention injustifiée de transmettre aux Ministères économiques, les factures de prestations du bureau de contrôle Louis Berger pour paiement ».

Mais d’après notre source : « GUITER en plus d’un premier montant reçu, serait en possession d’un autre montant, dans le cadre de la tranche optionnelle pour couvrir tout le trajet. Ce montant s’élèverait à plus de 100 millions d’Euros ».

Rapport avec EBOMAF une entreprise Burkinabè

Selon toujours la même source, « GUITER dans sa position d’ami des grands a usé de ses relations pour obtenir ce contrat au préalable, en groupement avec EBOMAF. Pour se débarrasser de l’entreprise burkinabée EBOMAF, Ansoumane KABA, patron de GUITER aurait promis à l’Etat de préfinancer les travaux et de se faire payer par des titres. Pour un départ, il a été payé en totalité pour faire un premier tronçon de 40km où il n’a jusque-là fait que 17km de bitume ».

Des accusations qu’a rejetées d’un révère de main, le chargé de communication de GUITER SA. Pour lui, « en ce qui concerne le point relatif à EBOMAF, nous vous informons que cette entreprise a bénéficié du contrat Kankan-Kissidougou qui n’a rien à voir avec celui de Guiter sur Kankan-Mandiana », précise-t-il.

Une nécessité de finir la route

Cette route qui relie la Guinée à la Côte d’Ivoire d’une part et d’autre part à la frontière du Mali, a une forte densité de populations. Mieux, Mandiana est un grenier agricole de la haute Guinée. Mandiana est aussi une localité minière. C’est tout cela qui fait de Mandiana une zone économique. Donc, l’achèvement de cette route pourra cuirasser le désenclavement de cette zone et précipiter à la croissance économique.

Il faut noter que depuis le démarrage des travaux en 2014, trois ministres se sont succédé à la tête du département des travaux publics, mais ce chantier traine toujours les pas.

Bhoye Barry pour guinee7.com
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