La traite nègrière qui a eu lieu en Guinée, notamment dans le Rio Pongo, est tout aussi mal connue par les Guinéens que la préhistoire par les historiens. C’est dans le but d’aider les générations futures et actuelles à s’approprier ce pan d’histoire, et valoriser les différents sites composant la cartographie de cette traite, que le réalisateur et cinéaste Paul Théa, a présenté, ce jeudi 25 janvier, à la Maison de la Presse, à Colèah-Lansébounyi, les résultats des recherches faites sur cette période.

C’est à l’aide d’un documentaire de 23 minutes, réalisé dans les localités de Farinya, Dominya, Bangalan, les iles de Loos et en Caroline du Sud, dans lequel figure Bruce Musner, auteur d’une thèse sur le sujet, qui a visité des musées et interviewé des descendants d’esclaves appelés « Gullah Geechee » vivant en communautés aux Etats-Unis, que le cinéaste a présenté cette histoire qu’il a qualifiée de « très, très complexe » ; une présentation qui prouve à suffisance l’injustice qui est faite à ce site de n’être toujours pas considérée comme patrimoine de l’UNESCO.

Le réalisateur affirme l’importance de ce site qu’il estime être capable de relancer le tourisme dans le pays. « C’est dire que nous avons les éléments pour lancer le tourisme en Guinée et ce qu’on a est plus que l’ile de Gorée, ou des millions de touristes vont chaque année ».

Selon lui, l’objectif de cette démarche, « c’est de retracer notre histoire ; ce sont des choses qu’on n’a jamais enseignées à l’école ; qu’on l’enseigne et qu’on le montre au public et dire aussi que Gorée qui est moindre que le Rio Pongo a pu être classée patrimoine mondial. Donc, on a toutes les démarches pour faire du Rio Pongo un patrimoine mondial et cela va lancer le tourisme. Nyara Belly, tout le monde en entend parler, mais ce sont des gens qui ont été hyper puissants ; mais même au ministère, on ne le sait pas. Cela aide le pays, parce que nous sommes en train de montrer des documents dans les universités qui montrent l’histoire de la traite nègrière dans notre pays, qu’on n’a pas beaucoup enseignée ».

Expliquant le projet, il ajoute : « Sur les sites là, nous allons prendre des gens qui sont dans les hôtels, dans des écoles, pour aller vers Dominya, Farinya, Bangalan ; et là, j’ai vraiment l’histoire de base, il y a des guides touristiques que nous allons former, nous allons aménager un domaine à Dominya, où il y a un port négrier. Je suis allé à Farinya, j’ai dit aux sages : ‘’voilà, les tombes sont là, voilà ce que j’ai lu dans les livres. Les sages ont dit que c’est bien, mais nous nous allons vous raconter l’histoire de Lightburn et de Nyara Belly, de ce que nous savons. Donc, je vais prendre leurs témoignages, plus ce que j’ai, pour faire des recoupements et ainsi on reconstitue notre histoire, et comme nous, nous sommes dans la communication et le tourisme, on peut inviter les gens à venir visiter, mais il faut qu’on leur raconte la vraie histoire. J’ai donc fait ce documentaire pour savoir comment était leur vie ».

Paul Théa termine en disant que cette enquête n’est que le début, il compte bien faire la lumière sur la traite du Rio Nuñez, et des liens de ces deux traites avec Cuba, la Jamaïque et le Brésil.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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