Une nouvelle crise se profile dans l’école guinéenne. L’intersyndicale de l’éducation (FSPE-SNE) menace de déclencher une grève à partir du 20 avril prochain sur l’ensemble du territoire national. Elle proteste contre la non-application du protocole d’accord signé en début d’année entre le gouvernement et les syndicats.
Dans un entretien accordé à un groupe de journalistes, dont Guinee7.com, ce mercredi 15 avril 2026, Joachim Baba Millimouno, analyste politique, a commenté la situation. Pour lui, « c’est désolant de constater qu’en si peu de temps après le protocole d’entente entre le syndicat des enseignants et les autorités publiques, l’on en revienne encore à cet épouvantail de grève, ce préavis de grève brandi comme une épée de Damoclès pour amener les autorités publiques à honorer leurs engagements vis-à-vis du personnel enseignant, ou en tout cas des syndiqués ».
La multiplication des syndicats dans l’éducation : source de blocage
Selon Joachim Baba Millimouno, la multiplicité des syndicats dans le secteur de l’éducation constitue un problème majeur qui entrave la résolution des conflits. « Mais je dis qu’il y a un problème fondamental qu’il va falloir résoudre de manière définitive. Les corporations sont divisées. Au niveau d’un même corps de métier, vous trouvez deux, trois, quatre syndicats. C’est un problème fondamental. Aussi longtemps que cela existera, des problèmes comme celui-là, on en connaîtra toujours. Il est difficile de trouver des solutions efficaces et consensuelles », a-t-il déclaré.
Un déficit d’information pointé du doigt
L’analyste estime également qu’il est essentiel de s’informer avant de recourir à une menace de grève. « Plutôt que de brandir la menace de grève, il faut se tourner vers les autorités compétentes pour s’informer des raisons du retard dans l’application des conventions. C’est important. Si l’État, à travers ses structures, s’est engagé à faire ceci ou cela pour éviter une grève des enseignants, lorsque le délai est écoulé et que cela n’a pas été effectif, il faut interroger les raisons de la non-exécution de ces engagements. Elles peuvent être endogènes ou exogènes. Parfois, des facteurs viennent bousculer le calendrier des autorités publiques et perturber la planification de la mise en œuvre des politiques publiques », a-t-il expliqué.
Il invite ainsi les syndicats à engager le dialogue avec l’inspection du travail, le ministère de la Fonction publique et les autres parties prenantes afin de mieux cerner la situation.
L’unité syndicale comme solution durable
En conclusion, Joachim Baba Millimouno appelle à une plus grande unité syndicale dans tous les secteurs d’activité.
« Lorsqu’on parviendra à cette discipline, à cette unité syndicale, défendre les intérêts des syndiqués deviendra plus facile. Ceux qui gouvernent, qui dirigent et qui prennent des engagements disposent également de leviers pour gérer et pallier les crises. Mais imaginez que, dans une même corporation, il y ait un syndicat X et un syndicat Y : lorsque l’on s’entend avec l’un, l’autre n’est pas d’accord, et inversement. C’est compliqué. Parfois même, ce sont des querelles de chapelle, de petites jalousies internes entre secrétaires généraux, qui ont des incidences sur l’ensemble des conventions obtenues entre les gouvernants et les syndicats », a-t-il conclu.
Bhoye Barry pour guinee7.com
