À l’occasion de la première édition de la Semaine nationale des archives, qui se tiendra du 25 au 30 juin 2026 à la plage de Camayenne, les autorités guinéennes entendent attirer l’attention sur la nécessité de protéger et valoriser le patrimoine documentaire du pays. Parmi les institutions concernées, la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG) occupe une place particulière en raison de la richesse des archives qu’elle conserve depuis plusieurs décennies.
Portée par le Secrétariat général du Gouvernement, cette initiative vise à sensibiliser le public à l’importance des archives dans la préservation de la mémoire nationale. Pour les organisateurs, les fonds audiovisuels de la RTG représentent un héritage précieux qu’il devient urgent de sauvegarder face aux risques de dégradation et de disparition.
Une mémoire audiovisuelle unique
Depuis sa création, la RTG a documenté les grands moments de l’histoire du pays. Des événements politiques majeurs aux manifestations culturelles, en passant par les faits sociaux marquants, ses archives constituent une véritable chronique de la Guinée contemporaine.
Cependant, la conservation de ce patrimoine reste un défi. Au fil des années, de nombreux contenus ont été stockés sur des supports devenus fragiles ou dépassés, rendant leur préservation de plus en plus complexe.
Les conséquences du vandalisme après le 5 septembre
Évoquant les événements qui ont affecté les installations de la RTG à Boulbinet, le ministre secrétaire général du Gouvernement, Benoît Kamano, est revenu sur les dégâts enregistrés après le changement de régime intervenu le 5 septembre 2021.
Il a notamment rappelé que : « Effectivement, nous allons déplorer le vandalisme qui a suivi le 5 septembre et qui a consisté à dévaliser la RTG Boulbinet. »
Selon lui, plusieurs équipements ont été emportés lors de ces actes de pillage. « Les télévisions, les meubles de bureau… mais ça, c’est l’effet d’un civisme. »
Au-delà de ces pertes matérielles, cette situation a surtout révélé la vulnérabilité des archives audiovisuelles et la nécessité de renforcer leur protection.
La numérisation, une nécessité pour sauver les archives
L’une des principales difficultés réside dans la nature des supports utilisés durant plusieurs décennies. Une grande partie des contenus a été enregistrée sur des cassettes analogiques aujourd’hui menacées par l’usure du temps.
Le ministre a rappelé à ce sujet : « il y avait des VHS. Ce n’est pas parce que la RTG était dépassée, mais parce que c’était les outils de l’époque. »
Face à cette réalité, les autorités considèrent la numérisation comme une étape incontournable pour garantir la conservation durable des documents audiovisuels et faciliter leur accès aux générations futures.
Le soutien de l’INA dans la restauration des archives
Pour préserver cette mémoire collective, un important travail de récupération et de restauration a été engagé avec l’appui de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA).
Selon Benoît Kamano, « l’INA a fait un effort considérable pour reconstituer les archives audio. »
Le partenariat ne s’est pas limité à la restauration des contenus disponibles en Guinée. Il a également permis de retrouver des archives conservées à l’étranger. « L’INA a fait un autre travail, c’est d’aller rechercher ailleurs les archives audiovisuelles dont on disposait, mais pas en notre possession physiquement en Guinée pour les reconstituer », a-t-il expliqué.
Des témoignages visuels irremplaçables
Parmi les documents sauvegardés figurent des images rares retraçant certaines des pages les plus importantes de l’histoire nationale.
Le ministre a annoncé que le public pourra découvrir plusieurs de ces archives lors de la Semaine nationale des archives. « Vous allez découvrir certaines archives visuelles, notamment de la naissance de notre armée, même des discours anciens lors du 28 septembre 1958, du 2 octobre 1958. »
Ces séquences constituent des sources historiques majeures, capables d’éclairer les générations actuelles et futures sur les moments fondateurs de la nation.
Un enjeu culturel et stratégique
À travers cette première Semaine nationale des archives, les autorités souhaitent encourager une nouvelle dynamique autour de la conservation documentaire. Pour elles, la sauvegarde des archives de la RTG dépasse la simple préservation de vieux enregistrements. Elle participe à la transmission de l’histoire, au renforcement de l’identité nationale et à la valorisation du patrimoine culturel guinéen.
La rencontre de Camayenne devrait ainsi servir de cadre de réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour garantir la protection durable de cette mémoire audiovisuelle, véritable trésor national.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
