Conakry-Les réquisitions et les plaidoiries dans le dossier de Fatoumata Binta Diallo et d’Anthonia Idjoma Nwokedi ont eu lieu ce jeudi 2 juillet 2026. Les deux accusées sont poursuivies pour trafic international de cocaïne et complicité, des faits prévus et punis par les articles 19, 812, 819 et suivants.
Avant le démarrage des réquisitions et des plaidoiries, l’avocat de la défense a rappelé avoir déposé une requête visant à obtenir la restitution des effets personnels de l’accusée Fatoumata Binta Diallo, placés sous scellés. Une demande à laquelle le procureur ne s’est pas opposé. Le juge a indiqué que, la procédure étant à son terme, il statuerait sur cette requête dans sa décision.
Dans ses réquisitions, le procureur est revenu sur les circonstances de l’interpellation des deux accusées par des agents de la police et de la gendarmerie, en possession d’une valise contenant de la cocaïne. Selon lui, au cours de l’enquête préliminaire, elles ont nié les faits qui leur sont reprochés.
« Nous allons coudre les deux accusées dans le même sac. Le rôle joué par chacune d’elles a concouru à l’exportation de la cocaïne », a déclaré le ministère public, rappelant que Fatoumata Binta Diallo s’était déjà rendue en Tunisie pour se faire soigner, avant de rentrer en Guinée faute de moyens financiers. Un argument qui, selon le procureur, ne tient pas.
Poursuivant son argumentaire, le représentant du ministère public a estimé que : « Si elles ont eu l’intention de cacher cette drogue dans les semelles de leurs chaussures, c’est parce qu’elles savaient qu’il s’agissait d’une chose interdite. (…) Aucune raison ne justifie le transport international de cocaïne. »
« Il est constant que la valise contenant la cocaïne a été saisie avec dame Fatoumata Binta Diallo et que cette valise a été préparée par dame Anthonia Idjoma Nwokedi. Ce qui n’est pas connu, c’est l’identité de la personne qui devait la recevoir », a ajouté le procureur, avant de demander au tribunal de déclarer les accusées coupables.
Selon le ministère public, il s’agit de délinquantes primaires. C’est pourquoi il a requis l’application de l’article 116 du Code pénal à leur encontre. Pour la répression, il a sollicité une peine de cinq ans de réclusion criminelle contre chacune des deux accusées. Il a également requis une amende de 100 millions de francs guinéens, à payer solidairement par Fatoumata Binta Diallo et Anthonia Idjoma Nwokedi.
De son côté, l’avocat de la défense a plaidé l’acquittement de ses clientes, invoquant l’absence d’élément moral. « Il y a une absence totale de l’élément moral. Il est évident qu’il y a l’élément matériel. Elles ont toutes été manipulées par ce nébuleux Sundey. C’est pourquoi nous plaidons l’acquittement de ces deux femmes », a-t-il déclaré.
Selon lui, « Madame Fatoumata Binta Diallo ne peut pas prendre une valise contenant de la drogue et se jeter dans la gueule du loup. Elle ne savait certainement pas que cette valise contenait de la drogue. »
À l’issue des réquisitions et des plaidoiries, le juge a déclaré les débats clos et a mis le dossier en délibéré. La décision est attendue le 9 juillet 2026.
Bhoye Barry pour guinee7.com
