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Rap guinéen : les anciens réclament leur place, Aladji Mamdy sort les griffes

Entre frustration et appel au respect, Aladji Mamdy rappelle aux jeunes rappeurs que le hip-hop guinéen ne s’est pas construit sans ses pionniers et dénonce une génération davantage tournée vers les influences étrangères.

Conakry – Le débat autour des rapports entre la vieille et la nouvelle génération du rap guinéen se poursuit. Après la soirée Guinée Old School, qui a réuni plusieurs figures historiques du mouvement hip-hop à Conakry la semaine dernière, Aladji Mamdy, membre du groupe Silatigui, a réagi aux propos de Djanii Alfa et dénoncé le manque de reconnaissance des jeunes rappeurs envers leurs prédécesseurs.

Invité sur le plateau de l’émission Horizon Matin ce jeudi 5 novembre, le rappeur est notamment revenu sur une publication de Djanii Alfa consacrée aux différentes générations du mouvement. « Old school égal à : S.O.S. New school égal à : que chacun se débrouille. Real school égal à : réfléchissons », avait écrit ce dernier sur ses réseaux sociaux.

Une sortie qui n’a pas laissé Aladji Mamdy indifférent. Réagissant à cette publication, il a rappelé la contribution des pionniers à l’émergence du rap guinéen.

« Il dit que la Old School c’est SOS, mais il oublie que si nous, on n’avait pas rappé, lui ne serait pas rappeur. Nous devons être respectés et être un mythe pour eux », a-t-il déclaré.

Au-delà de cette réaction, l’ancien membre de Silatigui a également exprimé ses préoccupations concernant l’orientation artistique de la nouvelle génération. Selon lui, les jeunes rappeurs guinéens souffrent d’un problème d’identité et accordent davantage d’intérêt aux artistes étrangers qu’aux figures historiques de leur propre scène musicale.

« Ils ont un problème d’identité parce qu’ils s’inspirent de Niska, de Damso, de Ninho… alors qu’ils ont des légendes vivantes en Guinée. Au lieu de profiter de nous, ils préfèrent s’inspirer des autres, alors que ces pays-là ont des réalités et des cultures différentes », a-t-il regretté.

Pour illustrer son propos, Mamdy estime que certaines influences musicales ne correspondent pas nécessairement aux réalités socioculturelles guinéennes. « Quand tu écoutes du Damso, tu vas vouloir composer comme lui alors que ça ne colle pas. Le jeune Guinéen n’a pas besoin de line, de cocaïne, de crack dans sa vie », a-t-il ajouté.

À travers cette prise de parole, le membre de Silatigui remet au centre du débat la question de la transmission entre les générations et celle de la construction d’une identité propre au rap guinéen.

Alh Cheick pour Guinée7.com