Après les organisations de la société civile et les professionnels des médias, c’est désormais le monde universitaire qui bénéficie du programme de renforcement des capacités initié par Afrobarometer. Ce lundi 22 juin 2026, un atelier de formation de trois jours a été lancé à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) de Kountia, à Conakry.

Organisée par Afrobarometer et son partenaire guinéen Stat View International, cette session réunit étudiants, enseignants-chercheurs et encadreurs universitaires autour d’un objectif commun : apprendre à exploiter les données d’opinion publique produites par Afrobarometer afin d’enrichir la recherche scientifique et contribuer à l’élaboration de politiques publiques fondées sur des faits.
L’ISIC veut s’ouvrir davantage à la culture de la donnée

Ouvrant les travaux, la directrice générale de l’ISIC, Djenabou Barry, s’est réjouie de l’accueil de cette importante rencontre au sein de son institution.
Selon elle, cet atelier va bien au-delà d’une simple formation. Il constitue une opportunité pour les étudiants et les enseignants d’adapter leurs méthodes de travail à un monde en constante évolution. « Il ne s’agit pas de venir ici juste pour écouter des experts. Il s’agit d’une transformation de nos méthodes de travail. Nous avons l’obligation ultime de nous adapter à un monde en perpétuelle mutation, confronté à l’émergence de nouvelles technologies », a-t-elle déclaré.
La directrice de l’ISIC a également exprimé le souhait que cette rencontre débouche sur de nouveaux partenariats au profit de l’institut, tout en invitant les participants à tirer le meilleur parti des échanges avec les experts présents.
Une mine de données au service de la recherche

Prenant la parole à son tour, le directeur général de Stat View International, Dr Aliou Barry, a rappelé l’importance de cette initiative dans la promotion de la culture de la donnée au sein des universités guinéennes.
Il a souligné que les données produites par Afrobarometer constituent aujourd’hui une ressource essentielle pour comprendre les réalités sociales, économiques et politiques des pays africains. « Les données sont le langage par lequel les sociétés apprennent à se connaître elles-mêmes », a-t-il affirmé.
Le responsable de Stat View International a expliqué que depuis plus de 25 ans, Afrobarometer produit des données indépendantes et rigoureuses sur les perceptions des citoyens africains en matière de gouvernance, de démocratie, de services publics et de conditions de vie.
Selon lui, l’objectif de cette formation est de permettre aux universitaires de s’approprier ces ressources afin de les utiliser dans leurs travaux académiques. « De 2013 à 2026, c’est une mine d’informations. Les étudiants pourront les utiliser pour leurs mémoires ou leurs thèses. Les enseignants pourront s’en servir pour enrichir leurs cours. Ces données permettent aussi de comparer la Guinée à elle-même dans le temps mais également à d’autres pays africains », a-t-il expliqué.
Le directeur général de Stat View International a également indiqué que certaines données produites en Guinée ont déjà été partagées avec les autorités publiques et croisées avec celles du ministère de l’Économie et des Finances, révélant des résultats convergents.
Renforcer la recherche universitaire

Pour Hassana Diallo, responsable de la communication d’Afrobarometer pour l’Afrique francophone, cette formation vise à rapprocher davantage le monde universitaire des données produites par le réseau panafricain.
Il a précisé que les étudiants apprendront à utiliser les bases de données d’Afrobarometer dans la préparation de leurs mémoires et travaux de recherche, tandis que les enseignants-chercheurs seront formés à l’exploitation de ces données pour produire des études scientifiques plus approfondies. « L’objectif de cet atelier est de permettre au monde universitaire d’utiliser les travaux d’Afrobarometer dans le cadre de la production de recherches, de mémoires, de thèses et de documents scientifiques », a-t-il indiqué.
Le SNABE appelle les universitaires à saisir les opportunités

Représentant le Service national des bourses extérieures (SNABE), son directeur général adjoint, Abou Nabé, a salué une initiative qui contribue à renforcer la recherche scientifique et la culture de l’évidence dans la prise de décision.
Selon lui, les données sont devenues un outil incontournable pour le développement des États modernes. « Sans données, il n’y aura aucune planification. Sans données, il n’y aura aucune stratégie. Donc tout est fondé sur ces données », a-t-il insisté.
Le responsable du SNABE a également profité de l’occasion pour encourager les étudiants et chercheurs à suivre régulièrement les plateformes de son institution afin de saisir les nombreuses opportunités de bourses d’études disponibles à l’étranger.
Il a rappelé que le SNABE a engagé plusieurs réformes visant à renforcer la transparence dans l’attribution des bourses, améliorer la gouvernance de l’institution et orienter davantage les formations vers les secteurs prioritaires du développement national.
Les données au cœur du développement et du projet Simandou

De son côté, Ismaël Diakité, Haut représentant du Winning Consortium Simandou, a insisté sur le rôle stratégique des données dans la définition des politiques publiques et la conduite des grands projets de développement.
Pour lui, aucune politique publique efficace ne peut être construite sans des données fiables, traçables et représentatives des réalités du terrain. « Tout commence par les données et finira par les données. Parce qu’il n’y a pas d’autre moyen de planifier le développement », a-t-il déclaré.
Évoquant le projet Simandou, il a expliqué que le développement minier moderne ne se limite plus à l’exploitation des ressources naturelles, mais vise désormais à créer de véritables pôles de croissance capables de générer des retombées économiques dans les régions concernées.
Le Haut représentant du Winning Consortium Simandou a également encouragé les étudiants à développer une culture de l’analyse comparative des données afin de produire des réflexions solides et utiles aux décideurs.
Le gouvernement mise sur une recherche fondée sur les faits

Dans le discours au compte de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, lu par le Pr Sékou Traoré, il a été rappelé que cet atelier s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement visant à promouvoir une gouvernance fondée sur la connaissance et l’analyse rigoureuse des faits.
Le conseiller de la ministre a salué l’action d’Afrobarometer et de Stat View International, soulignant que les données d’opinion publique constituent aujourd’hui une ressource précieuse pour la recherche scientifique et la compréhension des réalités africaines. « La recherche n’est pas un luxe réservé aux nations prospères ; elle est la condition même de leur prospérité future », a-t-il affirmé.
Il a invité les participants à tirer pleinement profit de cette formation afin de renforcer leurs compétences en analyse de données et de contribuer à une recherche davantage connectée aux enjeux de développement.
À travers cette nouvelle étape de son programme de renforcement des capacités, Afrobarometer, avec l’appui de son partenaire guinéen Stat View International, poursuit ainsi son ambition de faire des données citoyennes un outil au service de la recherche, de l’innovation et de l’action publique en Guinée.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
