Ancien boxeur, homme politique belge d’origine guinéenne, Lansana Béa Diallo est arrivé à Conakry dans la soirée de ce mardi 14 janvier 2020, dans le cadre de la mise en œuvre de son projet social ‘‘Fight for Africa’’ en français ‘‘Combat pour l’Afrique’’. Accueilli par des jeunes arborant des tee-shirts avec des flocages comme ‘‘Bea le patriote’’ ou ‘‘Moi c’est toi, rien n’est impossible’’, l’ex champion de la boxe a expliqué les raisons de sa visite dans son pays d’origine.

‘‘Je suis très fier, je suis toujours content de retrouver la Guinée ; parce qu’à chaque fois que je viens ici, je retrouve un peu ce que j’appelle ces sensations de la vraie vie, ou les gens sont là, malgré la difficulté, ils ont toujours le sourire, cet espoir de se dire que demain ça va aller beaucoup mieux’’, a-t-il lancé.  

C’est des gens comme nous qui pouvons changer

Avant de révéler : ‘‘je suis d’abord en Guinée pour un grand projet qui s’appelle Fight for Africa, j’avais déjà présenté ça quand je suis venus la dernière fois, mais maintenant ça s’est vraiment concrétisé à travers le dernier combat que j’ai fait en Belgique. Pour mobiliser, sensibiliser, mettre des outils en place en Guinée, principalement pour donner des formations et des outils de savoir-faire aux jeunes de Guinée, pour qu’ils ne partent plus en Europe, qu’ils ne partent plus aux Etats-Unis ; mais qu’ils restent ici, et qu’ils développent leur pays (…). C’est un projet à long terme, ce n’est pas seulement un petit projet. L’objectif ici, c’est de commencer par Conakry, de mettre deux centres de formation. Et puis après, aller à l’intérieur du pays, parce que l’exode rural se fait à partir des campagnes, des villes et des villages. Et de développer ça dans toutes les différentes villes, je veux convaincre les entreprises que s’ils veulent venir en Guinée et investir, il faut qu’ils donnent des formations aux gens. Ce n’est pas normal que quand on construit des routes ce ne sont pas des Guinéens qui les construisent ; ce n’est pas normal que quand on construit des maisons, au final c’est une catastrophe parce que les gens ne sont pas formés pour finir les maisons comme il le faut… Je suis un éternel optimiste. Et je pense que le changement, il ne viendra pas du politique, il viendra du peuple. Tant qu’on va être dans une dynamique ou on va se dire qu’on attend que ce soit le politique qui change le pays, on n’arrivera pas à le changer. C’est des gens comme nous qui pouvons changer. Cette génération doit prendre sa responsabilité en disant mettons des projets en place et le gouvernement sera obligé de vous suivre…’’

l’Afrique c’est mon pays et ma capitale c’est la Guinée

En plus, ‘‘l’objectif ce n’est pas seulement la Guinée, mais c’est de mettre en place un outil transversal pour toute l’Afrique. Aujourd’hui je dis une chose. Ce n’est pas normal qu’on dise que l’avenir c’est l’Afrique, partout où on va tout le monde dit que l’avenir c’est l’Afrique ; et que finalement, tous les Africains n’ont qu’une seule envie, une chose, c’est d’aller en Europe ou aux Etats-Unis, en se disant que l’avenir c’est de l’autre côté. Donc je me dis que ce n’est pas normal, il faut qu’on mette des outils en place pour stabiliser les gens dans les pays d’origine ; on a pas besoin de lutter contre l’immigration en mettant des frontières, mais il faut mettre des moyens pour que les gens restent chez eux et qu’ils développent chez eux et qu’ils aillent en Europe comme les européens viennent ici. C’est-à-dire en vacances, et qu’on rentre chez nous, parce qu’on a une maison, un travail et une famille qui nous attend… Je suis encore élu local, mais j’ai arrêté au parlement, parce que je veux consacrer le reste de ma vie au combat pour l’Afrique et principalement pour la Guinée. Et comme j’aime le dire, l’Afrique c’est mon pays et ma capitale c’est la Guinée’’, a-t-il fait savoir.

notre matière première ce n’est pas la bauxite, ce n’est pas l’or, ce n’est le diamant, ce n’est pas le fer

Pour tout dire, ‘‘c’est le premier projet qu’on va mettre en place. Je pense que le plus important c’est l’émancipation de la jeunesse. Je veux faire comprendre à tous les dirigeants africains et particulièrement chez nous, que notre matière première ce n’est pas la bauxite, ce n’est pas l’or, ce n’est le diamant, ce n’est pas le fer, ce n’est pas tout ce qu’on a envie d’exploiter au niveau du sous-sol ; mais c’est cette jeunesse qui, aujourd’hui, est une vraie force dans ce pays et à qui il faut donner des outils pour pouvoir développer des pays’’.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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