Pour en savoir un peu plus dans l’affaire d’expulsion de la famille de madame Habibatou Bangoura de la cité Sans-fil de Kaloum à Conakry, nous avons rencontré ce jeudi 3 décembre, le conseiller juridique de la direction générale du patrimoine bâti public, Alseny Kébé.  

De prime abord, il a rappelé comment cette cité a été occupée. « J’ai écouté par endroit la déclaration faite par dame Bibatou Bangoura qui avait fait beaucoup d’allégations, c’est tout à fait normal. C’est son droit. Elle a raconté beaucoup de choses. La cité Sans-fil pour ceux qui la connaissent bien était appelée avant, la cité PTT. Parce que la cité était occupée par les fonctionnaires du ministère des Postes et télécommunications, mais qui payaient des loyers à l’époque à la direction générale du patrimoine bâti public. C’était des bâtiments à rez-de-chaussée, pas des immeubles comme maintenant là. En 2010, sous l’égide du CNDD, la cité a été construite et ces immeubles ont poussé. A peu près 9 immeubles, qui sont occupés en partie par les travailleurs du ministère des Postes et télécommunications et aussi par des personnes logées par le patrimoine bâti public. Depuis 2011, les gens ont occupé la cité, jusqu’en 2020. Vous n’avez jamais entendu que le patrimoine bâti public a mené un déguerpissement à grande envergure pour expulser tous ceux qui sont là-bas», a-t-il expliqué.

Avant de faire remarquer ensuite que la victime, « comme vous avez écouté sa déclaration, elle avait dit qu’elle était l’infirmière de la SOTELGUI. Donc elle avait un contrat d’assistance médicale avec la société SOTELGUI pour s’occuper de son personnel en cas de maladie. Elle n’est pas travailleuse des Postes et télécommunications. Elle relève du ministère de la Santé, elle est infirmière d’Etat (…) Demandez-lui si elle à un contrat ? Parce qu’on ne peut pas occuper un bâtiment de l’Etat si on ne dispose pas d’un contrat. Imaginez-vous, elle a eu cette chance pendant 10 ans d’occuper un bâtiment de l’Etat au détriment d’autres fonctionnaires, qui pourtant sont des hauts cadres de l’Etat. On décide maintenant de donner le même droit à une fonctionnaire, elle veut s’opposer à cela. Etant donné qu’elle n’était qu’une infirmière de la SOTELGUI ; une société qui a disparu dont le personnel a été complétement licencié et indemnisé. Donc, le droit disparait au même moment que le contrat qui la lie à la SOTELGUI. Elle rejoint son ministère ».

Et de poursuivre que : « Je ne la connais pas !  Je ne connais non plus celle qui doit venir. Ce n’est pas moi non plus qui occuperais les lieux (…) Ce n’est pas nous qui l’avons directement expulsée. Nous sommes passés par les procédures en la matière, c’est le haut commandement de la gendarmerie qui a donné l’ordre à l’escadron mobile n°1 pour aller l’expulser. Ce qui est tout à fait normal. On expulse une fonctionnaire pour une autre (…) La direction générale du patrimoine bâti gère 2000 logements sur toute l’étendue du territoire national, pour 100 000 et quelques fonctionnaires (…) Le ministère des postes et télécommunications en nous donnant les immeubles que le patrimoine bâti public doit gérer en y logeant des fonctionnaires, l’immeuble occupé par les travailleurs de la Sotelgui fait partie de ceux-là ».

Par rapport à la fiche d’attribution de logement, que nous a montrée Habibatou Bangoura, il a affirmé que c’était « des fiches d’affectation. Quand vous regardez la convention de 2017, il est dit dedans que tout travailleur du ministère des Postes et télécommunications ou pour le compte du ministère à travers ses directions, comme la Sotelgui par exemple, doit disposer d’un acte d’affection. Et sur la base de cet acte d’affection, le patrimoine bâti public lui fait un contrat de location assorti de paiement régulier de loyer. Donc, chaque occupant de là-bas, si c’est pour le compte du ministère des Postes et télécommunications, dispose de deux documents : une fiche d’attribution du logement et un contrat de location portant sur cette fiche d’attribution de logement. Alors, vous deviez lui demander autant qu’elle vous a donné sa fiche d’attribution, qu’elle vous donne aussi son contrat de location. On lui a donné la fiche d’attribution en qualité de quoi ? D’infirmière pour le compte de la Sotelgui ».

Pour terminer, « je n’ai jamais reçu madame Bibatou dans mon bureau. Hier quand j’écoutais son passage sur Bountoungni (une émission radio), j’ai entendu qu’elle parlait du gérant. Mais le gérant ici, n’a aucun pouvoir de décision au patrimoine bâti public. Il ne peut que recouvrer les loyers. Et suivre la mobilité des fonctionnaires qui occupent les bâtiments de l’Etat ; tel est malade ou tel est décédé. C’est le directeur général du patrimoine bâti public, en cas d’empêchement d’un de ses adjoints, qui peut effectivement loger ou déloger. Je crois qu’il n’y a pas polémique en la matière. Elle est en train de parler de la dame qui doit occuper les lieux, pour donner d’autres connotations à cela. Moi je ne connais pas cette connotation-là. Ce que je sais, c’est un huissier et le haut commandement de la gendarmerie nationale qui ont procédé à son expulsion » a-t-il fait comprendre.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com

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