L’exploitation du vin de palme est une des coutumes du pays Kissi. A Gueckédou, ils sont nombreux à s’adonner à cette pratique. Pour certains cette exploitation est la principale source de revenu, d’autres par contre le font comme activité secondaire. Une catégorie exploite le vin parce qu’il s’agit d’un héritage de leurs parents.

Perché entre des palmiers à Lele un quartier de la périphérie de Gueckédou, Tamba Norbert Mamadouno, producteur du vin blanc explique qu’il s’intéresse à cette pratique pour boire mais aussi revendre.  Mais pour obtenir ce vin, selon lui, il y’a un parcours de combattant à accomplir.

« Quand je viens sur les lieux, je découpe les branches jusqu’à un certain niveau. Après il sera facile de percer le trou. Quand je perce je laisse comme ça pendant une semaine. Puis chaque matin je viens nettoyer là où j’ai creusé le trou pendant la semaine parce qu’il se peut qu’il y ait des microbes. Puis je mets le bidon (récipient) pour l’extraction. Mais je ne consomme pas pendant une semaine, parce que la première quantité du vin blanc contient des microbes raison pour laquelle la première extraction n’est pas consommable. Je verse ça après maintenant c’est le vrai vin blanc qui vient », a expliqué, Tamba Norbert Mamadouno.

Nous lui posons ensuite la question de savoir la différence entre un palmier prêt pour exploitation et celui qui n’est pas en maturité ? La réponse de notre interlocuteur : « c’est à travers les rameaux qu’on comprend que tel palmier est prêt à être exploité. Mais il y’a aussi certains palmiers les rameaux sont bon mais ça ne donne pas assez de vin », a-t-il répondu avant de noter qu’il y’a beaucoup de risque dans ce travail qu’il fait avec fierté parce qu’hériter de ses parents.

« Les risques peuvent être nombreux, par exemple vous pouvez prendre tout le temps pour faire ce travail mais il peut se trouver que ça ne donne pas comme attendu et parfois même s’il y’a assez du vin blanc il y’a le bidon qui recule vers l’arrière et se déverse. Parfois aussi il y’a des accidents, avec la ceinture sa peut se couper en un coup et puis tu chutes. Dans ces cas on se confie à Dieu parce que ça rentre dans notre culture », dira M. Mamadouno.

Outre les risques liés à cette exploitation, selon notre interlocuteur, il y’a beaucoup d’avantages. D’abord, une source de revenu, aussi un remède contre certaines maladies. « Les avantages sont très nombreux parce que nous sommes au pays Kissi, ici d’ailleurs, comme par le passé on a trouvé ça avec nos parents qui pouvaient donner leurs filles en mariage à cause du vin blanc. Aujourd’hui, quand tu n’as rien et tu as des étrangers tu es obligé de leur remettre comme cadeau de bienvenue. En plus un litre de vin coûte 3000 francs guinéens si tu as cinq litres ça fait beaucoup d’argent. Contrairement chez les peuls quand tu as un étranger tu donnes des colas, chez nous on donne le vin blanc et vous aurez plus de considération. » Explique-t-il, avant de revenir sur le volet thérapeutique.

« Pour lutter contre certaines maladies, il faut forcément mélanger les produits traditionnels avec le vin blanc… C’est ce qui peut-être capable de soigner une maladie occasionnée par un sort », a-t-il laissé entendre.

Faya Jean Tolno, consommateur, nous parle du vin blanc. « On consomme le vin blanc pour se faire saouler. Mais aussi pour beaucoup d’autres choses comme se soigner. Je ne prends pas tous les jours, je prends par semaine parce que je n’ai pas d’argent pour acheter toujours. C’est notre coutume, nous sommes des kissiens on doit en prendre. On a trouvé ça avec nos parents ».

Si la consommation du vin blanc est une habitude dans le pays Kissi, ce rituel n’est pas observé par toute cette communauté. Pour Faya Moussa II Kamano, qui ne consomme pas du vin blanc, c’est une toute autre histoire.

« Je ne suis pas consommateur du vin blanc mais je goûte. C’est le milieu qui fait l’homme, moi je suis né en Guinée forestière mais à cinq ans j’ai quitté la forêt. J’ai fait la plupart de mon temps en haute Guinée et en basse Guinée… Je n’ose pas parce que je ne suis pas habitué. Ce n’est pas lié à la région c’est une question d’habitude pour moi parce que je n’ai pas grandi dans ce milieu-là », a-t-il expliqué.

Bhoye Barry, pour guinee7.com

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