Ces derniers temps de nombreux migrants sont délogés manu militari par les forces de l’ordre en France, notamment. D’autres, s’ils ne subissent pas une vie de misère au Maroc, périssent  dans la mer avant de rejoindre l’eldorado européen. Dans chacune de ces catégories, se trouvent des Guinéens. Combien sont-ils des Guinéens qui, contre vent et marrées, prennent le chemin de l’exil ? Difficile d’avoir une statistique fiable dès lors que le principal chemin emprunté est clandestin.

Ce que l’on sait, c’est que les Guinéens, comme l’indique M. Abdoulaye Diallo,  chef de projet á l’Organisation International de la Migration (OIM) en Guinée, migrent pour des causes économiques: ” les gens partent pour s’enrichir. Ils pensent que les pays européens sont l’Eldorado. Ils vont souvent dans des conditions illégales parce que les migrants clandestins n’ont pas les moyens. Et il y a des gens qui prennent des risques en empruntant des pirogues pour atteindre leurs destinations. Certains d’entre eux sont exploités dans les pays du Maghreb comme le Maroc. Ce sont eux qui demandent á revenir. L’OIM paye le billet pour ceux qui en font la demande”.

«Nous avons un programme d’assistance pour la réintégration. Ce sont pour la plupart des jeunes  qui viennent du Foutah et de plus en plus du Mandingue et qui viennent du Maroc. Nous avons un programme d’accord avec la Suisse pour ceux qui ont réussi á passer et qui n’ont pas de papier. Ces derniers  lorsqu’ils reviennent,  on les forme á l’esprit d’entreprise avec l’aide d’un cabinet. Ainsi, on envoie á nos partenaires suisses qui payent la formation. On les forme et on les aide á mettre en place leurs activités économiques. On a d’autres programmes avec d’autres pays européens comme la Grande Bretagne,  la Belgique », précise M. Diallo.

Les émigrés guinéens se précipitent-ils sur le chemin de retour ?

Mlle Haba Marie Louise, point focal des programmes d’aide au retour volontaire et á la réintégration á l’OIM Guinée, révèle que depuis 2007,  « nous avons enregistré 2 000 retours volontaires. Dans ces statistiques,  on prend en compte les Guinéens revenus de la Lybie ». Ce qui donnerait une moyenne de moins de 300 retours volontaires par an. « Ce chiffre est presque insignifiant quand on sait que ce chiffre peut être multiplié par 10 voire plus pour trouver le nombre de Guinéens qui émigrent tous les ans et souvent dans la clandestinité », commente Seydouba Camara, sociologue.

El. Hadj M. Diallo