A l’insu du véritable propriétaire du permis minier de Guinea Bauxite Mining and Trading Company (GBMTC), des individus ont tenté de lever des fonds à l’étranger. Pour ce faire, un site web avait été parfaitement présenté, sans l’accord du propriétaire, sans même avoir un quelconque lien d’affaire avec celui-ci…

Ces dernières semaines, une plateforme vantant le potentiel bauxitique du permis de la société GBMTC se distinguait sur le web. Ses promoteurs faisaient appel à d’éventuels investisseurs dans le but de financer « leurs » projets en Guinée.

WESTAF MINING a mené une enquête qui a permis de démasquer une tentative d’arnaque.

Jusque dans l’après-midi du lundi 26 avril 2021, le site affichait les photos de Radith Chaikh présenté comme « Director of business development Guinea Bauxite Mining and Trading Company » et d’un homme présenté comme Kyle Posey, avec le titre de « communication lead », avant de présenter Sognam Woo et Alex S, respectivement comme « Technical lead » et « advisor ».

Détail important, si le numéro de contact de ceux qui étaient chargés de lever les fonds était visible sur le site web (un numéro des Etats-Unis d’Amérique), celui de leur « contact » en Guinée (en réalité un arnaqueur) n’était point mentionné.

Dès le vendredi 23 avril 2021, une de nos sources nous avait avertis que les personnes présentées sur le site web n’ont absolument aucun lien avec Camen Resources, qui gère légalement le permis de GBMTC.

Nos enquêtes nous ont permis de retrouver le véritable propriétaire de GBMTC, M. Soriba Camara, PDG de Camen Resources et ex-cadre du géant minier BHP Billiton. L’homme présente d’excellentes références et toutes les preuves dont WESTAF MINING détient copie en font foi.

En réalité, les opérations menées sur le fameux site web étaient entreprises dans le dos de M. Camara qui nous a révélé n’avoir jamais mandaté quiconque pour entreprendre une telle démarche.

Nos enquêtes nous ont également permis de comprendre que le groupe chargé de lever les fonds (Chaikh, Posey, Woo et Alex) a été embarqué dans cette opération, sans comprendre que ceux qui leur ont donné des « garanties » à partir de la Guinée étaient de vulgaires escrocs.

Pour le moment, nul ne sait encore comment un groupe d’individus, qui n’a aucun lien avec le vrai promoteur d’un business, a pu intercepter à Conakry une copie du permis minier de ce dernier jusqu’à tromper des étrangers pour lever des fonds…

Joint par WESTAF MINING, Radith Chaikh a dans un premier temps affirmé dans une de ses réponses envoyées par email qu’il avait été mandaté pour mobiliser des fonds pour GBMTC (« We are trying to raise funds for the company. That is the extent of our relationship with the company »), avant de préciser qu’il agissait au nom d’un « intermédiaire » du nom de… Aly Traoré.

Le nom (Aly Traoré) pourrait être un faux donné par l’arnaqueur pour se couvrir, mais tout porte à croire que c’est ainsi que ce monsieur s’est présenté à Chaikh comme chargé de faire des démarches auprès des investisseurs pour trouver des fonds, prétendument au nom de GBMTC.

Joint au téléphone (grâce à un numéro donné par Chaikh), le nommé Aly Traoré s’est montré évasif sur ses liens avec le vrai propriétaire du permis de GBMTC, avant d’admettre finalement qu’il ne connaissait pas personnellement le PDG de Camen Resources !

Harcelé de questions, l’arnaqueur indexera un certain « Cissoko » comme étant celui qui a « envoyé » le permis à son niveau. Se sentant démasqué, il refusera de prendre les multiples appels qui lui ont été passés après…

Contactée par WESTAF MINING, un haut responsable du Centre de Promotion et du Développement Minier (CPDM), a coupé court, assurant que le nommé Aly Traoré n’est pas connu de ses services. En revanche, il a confirmé que le seul propriétaire du permis minier est incontestablement Soriba Camara.

Quant à celui qui s’était chargé de mobiliser les fonds, Radith Chaikh, sans doute confus face à cette situation ubuesque, il a promis d’arrêter le manège de Traoré et consorts. Le site web a d’ailleurs disparu des radars dans la nuit du lundi 26 avril.

«We will cease our operations if so », avait-il déclaré dans son dernier message envoyé à WESTAF MINING.

Le permis d’exploration de GBMTC a été signé en décembre 2019. Il couvre une surface d’environ 35km2, s’étendant sur les zones nord et nord-est de Boffa, dans la région de Boké.

Selon nos informations, à date, les recherches ont bien évolué et les premiers rapports sont déjà disponibles. L’étape suivante devrait être consacrée aux études de faisabilité pour l’obtention du permis d’exploitation.

Avec Westaf Mining